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Âmes à la mer, parution du numéro d’octobre de Causes Communes

28 septembre 2012

Calais, Nouadhibou, Mamoudzou, Lampedusa, jusqu’ici les défenseurs des droits des migrants se tenaient sur la rive, au Sud et au Nord. Les caméras, elles, étaient braquées sur les plages des Canaries ou sur la « colline de la honte » à Lampedusa. La mer n’était qu’un passage, une traversée entre deux mondes, entre deux lois, entre deux États.

CC74-couv_webRester vigilants par tous les temps – édito de Sarah Belaïsch

Calais, Nouadhibou, Mamoudzou, Lampedusa, jusqu’ici les défenseurs des droits des migrants se tenaient sur la rive, au Sud et au Nord. Les caméras, elles, étaient braquées sur les plages des Canaries ou sur la « colline de la honte » à Lampedusa. La mer n’était qu’un passage, une traversée entre deux mondes, entre deux lois, entre deux États.

Mais en juillet 2012, un collectif d’associations européennes et africaines, Boats4People, a décidé de prendre la mer pour témoigner des violations des droits des migrants qui y ont cours et mettre les États devant leurs responsabilités.

La mer, espace de liberté et de rêve, est devenue en effet une zone frontière meurtrière pour les hommes et les femmes venus du Sud, considérés comme des clandestins avant même qu’ils ne posent le pied sur le sol européen. Une zone de non-droit dans laquelle disparaissent des centaines d’hommes et de femmes dans l’indifférence de tous. Comme si en mer, les responsabilités se diluaient, les droits disparaissaient. Nul n’est là, sinon les flots, pour témoigner.

De part et d’autre de la Méditerranée, la société civile s’est alors érigée en sentinelle pour recueillir des témoignages et dénoncer. Être une vigie pour que les patrouilles Frontex, les navires militaires ou les cargos qui ne portent pas assistance aux embarcations de migrants en détresse, ne puissent plus poursuivre leur route sans crainte de devoir rendre des comptes.

Car en mer, comme à terre, nous avons besoin de vigies, de tours de contrôle qui portent leur regard vers les zones d’ombres de la société. Même si leur portée est restreinte, même si elles ne peuvent pas recueillir tous les appels de détresse. Être là pour témoigner, pour rappeler à chacun ses responsabilités juridiques et éthiques. Ces vigies présentes dans les recoins les plus cachés de la société, dans les lieux d’enfermement ou dans des territoires oubliés comme Mayotte, sont les premiers boucliers contre l’arbitraire, les injustices.

Cette vigilance est exercée au quotidien par les militants et militantes de La Cimade. Tandis que nous nous mobilisons auprès du nouveau pouvoir pour refonder entièrement la loi régissant l’entrée et le séjour des étrangers, notre devoir est de continuer de veiller sur le terrain, au guichet des préfectures, dans les squats de demandeurs d’asile ou dans les centres de rétention et les prisons, au respect des droits des personnes étrangères, parmi les plus fragiles de notre société.

C’est bien là notre rôle de vigie, en tous temps politiques.

Sarah Belaïsch, Responsable des commissions nationales.

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