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Ile-de-France Champagne Ardennes

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Bénévole à la Permanence Femmes

19 août 2007

Cécile, professeur d’histoire-géographie à Paris, a connu la Cimade par une de ses amies. Elle cherchait depuis toujours à s’investir…

Cécile a connu la Cimade par une de ses amies. Elle cherchait depuis toujours à s’investir et a donc contacté la responsable de la Permanence Femmes de la Cimade Ile-de-France. Elle y reçoit depuis, chaque jeudi soir des femmes étrangères en difficulté.

Quel est le rôle de la Permanence Femmes de la Cimade ?

Aider les femmes étrangères dans leurs démarches pour obtenir des papiers et défendre leurs droits, lorsqu’elles sont victimes de discriminations ou de violences directement liées à leur statut de femme.

Comment se passent les entretiens avec les femmes qui vous contactent ?

Les femmes prennent souvent connaissance de la permanence via une assistante sociale ou d’autres associations d’aide aux femmes. Nous recevons chacune d’elles sur rendez-vous pour recueillir tous les éléments de leur histoire : les circonstances de leur départ depuis le pays d’origine, leur vie en France, les liens qu’elles y ont tissé, leurs tentatives d’intégration, parfois leur quotidien dans la clandestinité… Leur situation est plus ou moins facile à saisir en fonction de leur état psychologique et de leur degré de liberté. Nous sommes par exemple confrontés à leur crainte d’un mari violent ou d’une famille autoritaire, à l’absence de papiers ou de preuves lorsqu’elles ont dû partir de chez elles précipitamment, à leur dépendance vis à vis des enfants à charge.

Il nous faut alors rassembler les preuves de violences lorsqu’il y en a et chercher les documents qui pourront les défendre. Puis nous discutons ensemble de la meilleure décision à prendre : rédiger une demande de titre de séjour auprès de la préfecture, intervenir auprès des administrations, les orienter vers d’autres associations ou, parfois, leur conseiller d’attendre un peu quand le risque est trop grand et qu’une demande reviendrait à les dénoncer auprès de la préfecture. C’est un des aspects les plus difficiles du travail…

Quels sont les problèmes auxquels ces femmes sont le plus fréquemment confrontées ?

Il y a beaucoup de cas de violences conjugales. Or, la rupture de la vie conjugale constitue pour une femme mariée une raison de retrait ou de non renouvellement de son titre de séjour ! Certaines femmes venues rejoindre leur mari en France se retrouvent ainsi pri­sonnières. Mais lorsqu’elles décident de réagir, nous les aidons à prouver que la séparation du couple fait suite à des violences dont elles ne sont pas responsables. Le problème est que beaucoup de cas ne rentrent pas exactement dans les situations décrites par la loi et nous devons sans cesse chercher de nouveaux éléments pour la préfecture. Il y a aussi un besoin de protection de femmes africaines, notamment maliennes, qui fuient une menace d’excision ou un mariage forcé et viennent demander l’asile. Les problèmes de prostitution sont plus délicats, car il est plus difficile encore d’obtenir des papiers. Une des possibilités pour elles est de dénoncer leur proxénète, délation qui donne droit à un titre de séjour ! Mais dans la réalité, peu osent le faire par peur des représailles.

Comment êtes-vous formées aux rôles de conseillères à la permanence ?

Pendant quelques semaines, nous faisons les entretiens avec une personne plus expérimentée pour s’habituer à écouter, à poser les bonnes questions, à classer les informations qui serviront ensuite pour le dossier. Après quelques mois, une formation théorique sur le droit des étrangers et les questions liées aux femmes permet de bien comprendre les enjeux de nos démarches auprès des préfectures. Notre première expérience du terrain prend alors tout son sens. Enfin, nous recevons en continu les nouveaux textes de loi, qui ne cessent d’évoluer et de se durcir.

Racontez-nous une des interventions réussies de la permanence…

Je me souviens du cas d’une jeune femme tunisienne venue demander de l’aide pour un renouvellement de titre de séjour suite a des violences conjugales. Ces violences étaient surtout psychologiques et nous avions peur que cela ne soit pas pris en compte par la préfecture. Finalement, nous avons réussi à convaincre la préfecture des manipulations dont la jeune femme était victime en appuyant ses témoignages et en l’accompagnant pour déposer son dossier. Elle a ainsi pu obtenir son titre de séjour et se libérer de son mari.

Cécile, professeur d’histoire-géographie à Paris

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