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01 août 2011 | Silence! Dans la discrétion de l'été, un nouveau camp d'internement administratif ouvre ses portes aux "indésirables"

En 2009, le gouvernement annonçait la création d’un nouveau camp d’internement administratif pour les étrangers d’une capacité de 240 places, à proximité de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle sur la commune du Mesnil-Amelot.Aujourd’hui, l’ouverture de ce centre de rétention administrative (CRA), le plus grand de France, vient rappeler que l’enfermement est bien devenu un mode banal de gestion, de contrôle et de mise à l’écart des populations migrantes.

La Cimade et ses partenaires associatifs n’ont eu cesse de dénoncer l'illégalité et la déshumanisation de ce camp en alertant l’opinion publique et en saisissant le Conseil d’État qui, à ce jour, ne s’est toujours pas prononcé.

Symbole de la froideur sécuritaire et technologique au service du contrôle des corps, la structure répond aux critères de l’architecture carcérale classique : bâtiments en étoile autour d’un centre de contrôle central, portes hachoirs, caméras de surveillance, détecteurs de mouvements, restriction des possibilités de communication entre les personnes retenues et avec les intervenants civils… On pourra y enfermer 240 étrangers, dont des enfants, en contournant la limitation légale de la capacité des CRA fixée à 140 places, et les juger dans une antenne spécifique et délocalisée du tribunal, attenant au centre, le tout cerclé d'une même enceinte barbelée.

Après deux ans de mobilisation associative, il n’est pas anodin que le gouvernement choisisse la période estivale pour ouvrir ce véritable camp d’internement. La localisation géographique de ce camp, sa structure intérieure comme le choix de mettre en place une justice d’exception en son sein, sont autant de preuves de cette mise à distance de la société civile.

Nous avions tiré la sonnette d’alarme lors de l’incendie de l’ancien centre de rétention de Vincennes, qui faisait suite au décès d'une personne enfermée. Face à un système froid et déshumanisé, il est à craindre que la seule réaction possible pour les personnes retenues soit de retourner la violence contre elles-mêmes et que les automutilations, grèves de la faim, tentatives de suicide n’en soient le quotidien.

Avec l’entrée en fonction de ce nouveau centre, et cela alors même que la durée de rétention vient d’être allongée à 45 jours, la politique d’industrialisation de la rétention et la criminalisation des migrants franchit une nouvelle étape. La Cimade dénonce ce grave coup porté aux plus exclus d’entre nous, ainsi qu’aux valeurs fondamentales de notre société.

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