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Communiqués

06 octobre 2009 | Appel à participer aux rassemblements et manifestations du 7 octobre

Communiqué commun

Suite à la lettre commune que nous venons d’adresser à M.Fillon, Premier Ministre, pour obtenir une circulaire de régularisation des travailleurs-euses sans papiers, et dans le cadre de l’appel intersyndical à la journée interprofessionnelle du 7 octobre, nous appelons les salarié(e)s "sans papiers" à participer massivement aux rassemblements et manifestations du 7 octobre 2009 "pour un travail décent" et aux initiatives à venir.

Signataires :

- CGT
- FSU
- Union syndicale Solidaires
- Ligue des Droits de l’Homme
- La Cimade
- Réseau Education Sans Frontières (RESF)
- Organisation Femmes Egalité
- Autremonde
- Droits devant !!

05 octobre 2009 | Après Calais, les autorités franco-britanniques préparent un charter pour Kaboul

Un "charter" franco-britannique serait prévu pour le 6 octobre à destination de Kaboul. Alors que les conditions humanitaires et de sécurité ne cessent de se dégrader en Afghanistan, que les ONG comme le Secrétaire général des Nations unies se déclarent particulièrement préoccupés par la situation, la France et la Grande-Bretagne tentent, comme au mois de novembre 2008, une opération conjointe. L'Afghanistan est un pays en guerre. Il est inacceptable d'y renvoyer ceux qui s'en sont enfuis à la recherche d'une protection en Europe.

En France, le ministère de l'Immigration se moque des décisions des tribunaux de différentes régions qui ont remis en liberté 130 des 138 Afghans qui avaient été interpellés le 22 septembre, en vue de leur éloignement, lors de la "fermeture" spectaculaire de la plus grande "jungle" de Calais. Ces juridictions ont mis en évidence l'inanité de cette opération médiatique et ont rappelé le respect du droit et des libertés fondamentales des personnes. Plusieurs tribunaux administratifs ont par ailleurs annulé des arrêtés de reconduite à la frontière au motif du non-respect du droit de demander l'asile.

Le gouvernement  n'en a cure et reste enfermé dans sa rhétorique de l'"appel d'air", selon laquelle Afghans, Erythréens, Irakiens, Iraniens, Soudanais, etc. ne viendraient  pas en Europe pour sauver leur vie et leurs libertés, mais pour des raisons d'agrément et de confort : les rafles actuelles seraient supposées porter des messages dissuasifs dans les pays d'origine. C'est ainsi que sont pris en otages des Afghans du Calaisis pour tenter de dissuader leurs compatriotes victimes des violences au pays.

Les "opérations de nettoyage" se poursuivent et plus d'une cinquantaine d'Afghans ont été à nouveau placés en rétention la semaine dernière. Les "charters conjoints", qui sont contraires au principe d'interdiction des expulsions collectives, conduisent à des pratiques arbitraires, discriminatoires et inhumaines, au mépris des droits fondamentaux des personnes.

Nous appelons instamment les autorités françaises et britanniques à renoncer à tout projet d'expulsion vers l'Afghanistan et insistons sur la nécessaire mobilisation de tous pour empêcher cette expulsion collective qui mettrait sérieusement en danger la vie de ces exilés.

Nous réaffirmons qu'il est urgent de rendre son sens au droit d'asile en Europe en prévoyant un mécanisme permettant à tout réfugié de solliciter une protection dans le pays de son choix. En l'attente, la France peut, et doit, suspendre l'application du règlement de Dublin afin d'accueillir sur son sol les personnes qui continueront à fuir les conflits pour trouver refuge en Europe.

 

Signataires :
- Acat-France
- ADDE (Avocats pour la défense des droits des étrangers)
- Anafé
- Association d'Accueil aux médecins et Personnels de Santé Réfugiés en France  (APSR)
- Auberge des migrants (Calais)
- CAAR (Comité d'aide aux réfugiés / Bois-Colombes)
- Calais Migrants Solidarity
- Collectif Migrants (Dunkerque)
- Collectif Solidarité Migrants (Angres)
- Collectif de soutien des exilés (Paris)
- COMEDE
- C'SUR (Calais)
- ELENA-France
- Emmaüs-France
- Enfants du Monde - Droits de l'Homme
- Fédération de l'Entraide Protestante
- Flandre Terre Solidaire
- GAS
- GISTI
- Itinérance (Cherbourg)
- La Cimade
- LDH
- RESF
- MRAP
- PCF
- Primo Lévi
- SALAM (Calais)
- SALAM (Dunkerque)
- Secours catholique
- Syndicat des avocats de France (SAF)
- Syndicat de la magistrature (SM)
- Terre d'errance (Norrent-Fontes)
- Terre d'Errance Steenvoorde
- Toit du Monde (Poitiers)

 

29 septembre 2009 | L'évacuation de la "jungle" de Calais s'est faite au mépris des droits fondamentaux

Mercredi 23 septembre 2009, 138 Afghans étaient placés dans neuf centres de rétention administrative. Les juges des libertés et de la détention (JLD) se sont prononcés sur le respect des droits des personnes. Les juges ont considéré que les personnes n'avaient pas pu exercer leurs droits et, qu'une partie d'entre elles étaient mineures et ne pouvaient donc être placées en rétention. Sur injonction du Garde des sceaux les procureurs ont systématiquement fait appel des décisions des JLD. Les juges des cours d’appel ont confirmé les décisions des juges des libertés.

Plusieurs tribunaux administratifs ont par ailleurs annulé des arrêtés de reconduite à la frontière au motif du non-respect du droit de demande d'asile.

Ces jugements démontrent qu'une rafle, à Calais ou ailleurs, ne peut être respectueuse du droit des personnes.
Plus d'une centaine de personnes sont donc renvoyées à leur errance. La Cimade réitère sa demande que la France prenne des mesures d'urgence pour assurer leur sécurité, leur accès à la demande d’asile et leur prise en charge sanitaire. La France s'honorerait d'accorder à des réfugiés la protection qui leur est due.

Pourtant, le ministère de l’Immigration annonce qu’il va à nouveau engager des opérations de police contre ces réfugiés et tenter de les reconduire en Afghanistan. L’Afghanistan est un pays en guerre, ces personnes venues chercher asile et protection sont menacées d’y être renvoyées. C'est  inacceptable.

La Cimade réaffirme qu'il est urgent remettre le système d'asile européen sur ses pieds en prévoyant un mécanisme leur permettant de demander asile dans le pays de leur choix et où elles ont des liens familiaux ou culturels. En l'attente, la France peut, et doit, suspendre l'application du règlement de Dublin afin d'accueillir sur son sol ces réfugiés qui continueront à fuir les conflits pour trouver refuge en Europe.

Pour sortir de la loi de la "jungle", il faut sortir de l'état d'exception dans lequel ces réfugiés ont été placés par les pouvoirs publics.

 

24 septembre 2009 | Evacuation de la « jungle » de Calais : des Afghans menacés d'expulsion

Mardi 22 septembre au petit matin, les forces de l'ordre ont procédé à la «fermeture» de la «jungle» de Calais : plus de 200 personnes, essentiellement des ressortissants afghans, auraient été arrêtés.

Mercredi 23 au soir, 138 d'entre elles étaient placées en rétention administrative dans les centres suivants : Lyon (10), Marseille (8), Metz (2), Nîmes (40), du Mesnil-Amelot (15), Rennes (15), Rouen (10),  de Toulouse (28), et de Vincennes (10). Les personnes placées à Toulouse, Nîmes ou à Marseille, y sont arrivées mercredi en fin de journée,après des dizaines d'heures de garde à vue et de transport.

Une cinquantaine d'entre eux ont déclaré être mineurs, l'Administration a pourtant indiqué dans les procédures les concernant qu'ils seraient nés, tous, le 1er janvier 1991 : tout juste majeurs et donc expulsables ! En France, il est pourtant interdit de placer en rétention des mineurs et, a fortiori, de les expulser. 

Ils font l'objet de mesures d'expulsion à destination de l'Afghanistan ou de réadmission vers la Grèce, pays ou la procédure d'asile, ne satisfait pas aux normes minimales prévues par le traité d'Amsterdam : dans un arrêt du 11 juin 2009, la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) a par ailleurs considéré que «la détention d'une personne qui souhaitait demander asile constituait une violation de  la Convention européenne des droits de l'Homme car il n'était pas prévu un contrôle de légalité de la détention et que les conditions de détention du requérant, en tant que réfugié et demandeur d'asile, combinées à la durée excessive de sa détention en de pareilles conditions, s'analysent en un traitement dégradant.»

L'Afghanistan est un pays en guerre, ces personnes venues chercher asile et protection sont menacées d'y être renvoyées. C'est  inacceptable. La Cimade demande la libération immédiate des personnes qui ont été arrêtées et au gouvernement des mesures d'urgence pour assurer leur sécurité et leur protection.

La Cimade réaffirme qu'il est urgent remettre le système d'asile européen sur ses pieds en prévoyant un mécanisme leur permettant de demander asile dans le pays de leur choix et où elles ont des liens familiaux ou culturels. En l'attente, la France peut, et doit, suspendre l'application du règlement de Dublin afin d'accueillir sur son sol ces réfugiés qui continueront à fuir les conflits pour trouver refuge en Europe. Elle doit leur assurer des conditions d'accueil qui soient conformes à la dignité des personnes, en prévoyant des structures d'hébergement ouvertes à tous et une réelle prise en charge sociale et administrative .
 

Pour sortir de la loi de la "jungle", il faut sortir de l'état d'exception dans lequel ces réfugiés ont été placés par les pouvoirs publics.

21 septembre 2009 | Détruire les jungles : une fausse solution

Nous, associations engagées quotidiennement auprès des migrants, sommes convaincues que le plan gouvernemental de destruction des jungles est inefficace et aggrave la situation.

Détruire les abris, c’est provoquer l’éparpillement des camps, livrer les migrants aux réseaux maffieux et ne rien régler sur le fond. C’est persister dans l’erreur de 2002 (fermeture du camp de Sangatte).

Depuis le discours de M. Besson à Calais en avril, le nombre de migrants visibles à Calais a baissé. Certains sont passés en Angleterre. Rares sont ceux qui ont pu déposer une demande d’asile en France. La plupart ont fui les menaces policières vers la Belgique et la Hollande, les autres se sont disséminés dans la nature. Contraints de se cacher, ils sont plus que jamais vulnérables, privés d’accès aux soins et à la nourriture et livrés, contre leur gré, à la seule loi des maffias.

Que deviendront ceux qui seront arrêtés dans les jours qui viennent ? Expulsés dans leur pays d’origine ? Relâchés dans la nature sans information, ni secours ? Renvoyés en Italie ou en Grèce où les conditions de vie des réfugiés sont dramatiques ?

Le gouvernement  propose une aide au retour volontaire vers des pays en guerre et des dictatures. Combien accepteront de retourner en Afghanistan, Irak, Iran, Somalie, Soudan, Erythrée, ... Sachant qu’en outre, les retours volontaires ou forcés dans certains de ces pays s’avèrent diplomatiquement impossibles ?

Le gouvernement communique beaucoup sur la tradition d’asile de la France mais une infime partie des migrants ont eu la possibilité de demander l’asile. La plupart en est empêchée par le règlement européen Dublin II que la France applique avec zèle, sans utiliser le pouvoir qu’elle a d’en suspendre l’application. Depuis avril dernier,  à peine 170 demandes d’asiles ont été déposées à la sous préfecture de Calais. Seulement 50 d’entre elles seront traitées. Les autres demandeurs ont été renvoyés dans la jungle et peuvent être à tout moment arrêtés et expulsés par la force, principalement  en Italie et en Grèce où les conditions de vie des réfugiés sont dramatiques. En Grèce, l’accès à l’asile est quasi impossible.

M. Barrot, commissaire européen chargé des droits de l’homme a récemment dénoncé les dysfonctionnements de la politique européenne en matière d’asile.

Il faut que les états européens cessent de se défausser sur leurs voisins. La solidarité européenne doit devenir une réalité. Le règlement Dublin II doit changer, il piège les réfugiés dans des impasses et les laisse sans protection.

Pour sortir de la loi de la ‘jungle’, il faut remettre le système d'asile européen sur ses pieds en arrêtant de dénier les besoins de protection des personnes et en prévoyant un mécanisme leur permettant de demander asile dans le pays de leur choix ou là où elles ont des liens familiaux, linguistiques ou culturels. Quelque soit leur choix, il faut également leur assurer des conditions d'accueil conformes à la dignité des personnes en prévoyant des structures d'hébergement ouvertes à tous.

NOUS APPELONS TOUS LES SYMPATHISANTS A LA CAUSE DES MIGRANTS  A SE REUNIR DEVANT LE CENTRE COMMERCIAL LES 4B A 18 H 30 LE SOIR DE LA DESTRUCTION DES JUNGLES POUR UN CERCLE DE SILENCE ;

Calais, le 21 septembre 2009.

Associations signataires :

C’ SUR, Salam, La Belle Etoile, Secours Catholique, Collectif Fraternité Migrants (Angres), Terre d’Errance Norrent-Fontes, Terre d’Errance Steenvoorde, Calais Migrants Solidarity, La Ligue des Droits de l’Homme (Pas-de-Calais et Fédération Régionale), Coordination Française pour le Droit d’Asile, GISTI, Les Exilés du 10° (Paris), La Ligue des Droits de l’Homme (Pas-de-Calais et Fédération Régionale), Médecins du Monde, La Cimade, Les Verts, NPA Calais, Amnesty International.

15 septembre 2009 | Il n'y a pas d'étrangers sur cette terre

LANCEMENT DU 70EME ANNIVERSAIRE DE LA CIMADE

La Cimade a été créée en 1939 pour venir en aide aux populations déplacées par la guerre puis, dès 1940, est intervenue dans les camps d'internement, marquant à la fois sa résistance face au régime de Vichy et sa solidarité avec les « indésirables » d'alors. A partir de 1942, les équipiers de La Cimade ont participé aux filières d'évasion et ont ainsi contribué au sauvetage des juifs.

Depuis lors La Cimade poursuit la même mission : agir auprès des exilés et des déplacés, et venir en aide aux victimes de toute forme d'oppression, qu'elle soit politique ou économique. Les engagements de La Cimade suivent l'histoire du siècle. Parfois seule, souvent aux côtés d'autres, La Cimade a pris part aux combats emblématiques pour la défense des droits humains : aux côté des Algériens au moment de la guerre d'indépendance, avec les réfugiés contre les dictatures militaires en Amérique Latine et en Afrique, et auprès de centaines de milliers de migrants et d'exilés en France pour défendre l'égalité des droits.

Aujourd'hui, plus que jamais, l'actualité de La Cimade est dense, le combat âpre. Les 2 000 bénévoles et la centaine de salariés de La Cimade apportent chaque année une aide, un soutien ou un conseil à plus de de 100 000 personnes dans le cadre de ses groupes locaux et de ses centres d'hébergement, de ses interventions dans les prisons et de sa mission de défense des droits dans les centres et les locaux de rétention administrative.

Alors que nous vivons une Europe qui se barricade, stigmatise et expulse, l'histoire de La Cimade nous invite à rester vigilants, à mieux questionner le présent et à imaginer demain. Pendant un an, La Cimade invite le public, au travers d'animations, de manifestations culturelles et de rencontres, à découvrir les grandes questions et les actions qui ont jalonné son histoire en lien avec ses combats d'aujourd'hui pour la défense des droits des migrants, des réfugiés et des demandeurs d'asile.

Le lancement de cette période anniversaire aura lieu le 26 septembre 2009 au Palais Universitaire de Strasbourg par une journée placée sous le signe de l'Europe.

En matinée, deux tables rondes questionneront l'histoire des déplacements de populations en Europe. La journée se terminera par une table ronde sur les politiques européennes d'immigration. Comment inventer une politique européenne d'hospitalité ? Comment bâtir une Europe qui ne nie pas ses principes fondateurs de justice, de paix et de cohésion ? Cette table ronde sera animée par Antoine Pécoud, spécialiste du programme « Migrations internationales et politiques multiculturelles » de l'UNESCO et fera se rencontrer des représentants de gouvernements du Sud et d'institutions de l'Union européenne : Michel Rocard, ancien député et Premier ministre ; Thomas Hammarberg, commissaire aux Droits de l'Homme au Conseil de l'Europe ; Bassirou Diarra, conseiller technique à la Présidence du Mali ; Catherine Trautmann, députée européenne ; Lorena Escudero, ministre pour les Équatoriens et les Équatoriennes migrants.

> Dossier de presse des 70 ans de La Cimade
> Invitation au colloque d'ouverture des 70 ans

 

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