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Enfermer ses enfants ou repartir sans eux : l’unité familiale à l’épreuve de la rétention

24 janvier 2017

L’ASSFAM et La Cimade condamnent vivement cette pratique naissante de la préfecture de Police de Paris et réclament qu’il y soit mis un terme immédiatement. Le respect de l’unité familiale ne doit en aucun cas être instrumentalisé en vue de placer des enfants en rétention et de les expulser du territoire français.

Fin novembre 2016, Madame C. a été enfermée au centre de rétention administrative (CRA) du Palais de Justice de Paris en vue d’être renvoyée en Roumanie. Or, Madame C. est la mère de deux garçons de 15 et 12 ans qui résident tous deux en France auprès d’elle – leur père vivant quant à lui en Roumanie. Alertée de la présence sur le territoire français de ces deux mineurs privés de leur mère, la préfecture de Police de Paris a pour autant décidé de transférer Madame C. au CRA du Mesnil-Amelot, dans la zone dédiée aux familles. Dans le même temps, cette même administration a pris attache avec une association de défense des mineurs étrangers isolés afin de l’enjoindre – en vain – à ramener les enfants de Madame C. au CRA. Tel était donc le dilemme offert à cette mère de famille : accepter l’enfermement de ses enfants en rétention, ou être renvoyée en les laissant derrière elle.

Fin décembre, une situation similaire se présente : Madame T. est enfermée en rétention sans ses deux enfants, âgés de 13 et 12 ans. Cette fois, c’est directement l’ASSFAM – association intervenant au CRA du Palais de Justice de Paris – qui a été sommée, à deux reprises, de rapatrier les enfants de Madame vers le centre de rétention du Mesnil-Amelot, où Madame T. allait être transférée. Une fois de plus, sans succès.

Ces situations sont préoccupantes à plus d’un titre. Tout d’abord, parce que la préfecture de Police de Paris ne cherche aucune alternative à la rétention, même lorsqu’il s’agit de parents d’enfants mineurs présents sur le territoire. Pire, cette administration demande aux parents de favoriser l’enfermement de leurs propres enfants afin d’être renvoyés avec eux, et ce alors même que la France a été condamnée en juillet 2016 par la Cour européenne des droits de l’Homme pour avoir enfermé dans des centres de rétention des familles avec enfants mineurs. Enfin, la préfecture de Police de Paris a successivement poussé deux associations spécialisées dans la défense et l’accompagnement des étrangers à collaborer à la mise en œuvre de sa politique d’expulsion.

L’ASSFAM et La Cimade condamnent vivement cette pratique naissante de la préfecture de Police de Paris et réclament qu’il y soit mis un terme immédiatement. Le respect de l’unité familiale ne doit en aucun cas être instrumentalisé en vue de placer des enfants en rétention et de les expulser du territoire français.

 

 

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