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Ile-de-France Champagne Ardennes

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Frappé, étranglé, pour avoir refusé d’être expulsé

4 novembre 2011

Menotté dans le dos, scotché aux pieds et aux jambes, c’est ainsi que Brehima Sacko est acheminé dans l’avion à l’horizontale après avoir exprimé son refus de l’expulsion.

 Menotté dans le dos, scotché aux pieds et aux jambes, c’est ainsi que Brehima Sacko est acheminé dans l’avion à l’horizontale après avoir exprimé son refus de l’expulsion.

Dans l’avion, il est « posé » sur un siège et entouré de deux policiers en civil. Heureusement, il n’a pas de bâillon. Alors que fait il? Eh bien, il crie, il ameute les passagers ! Les policiers veulent l’empêcher de lever la tête et ils appuient avec leurs avant bras sur son cou. Brehima Sacko n’arrive plus à respirer. Il a l’impression qu’il va mourir. Mais il lutte pour essayer de se faire entendre. Le commandant de bord intervient et lui demande ce qu’il souhaite. Il arrive à répondre malgré la violence et dit : non. Il est sorti de l’avion.

Hargneux, un des policiers lui montre son poing : c’est pour mieux s’en servir dans le véhicule qui le mène à une salle d’attente avant de repartir vers le centre. Il se fait frapper encore une fois par ces deux policiers : étranglement par derrière alors qu’il est encore attaché, coups de poings dans le dos et sur les côtes ! Les cinq autres policiers présents ne bronchent pas.

Il vient me voir au CRA. Choqué. J’ai face à moi un monsieur qui fait deux fois ma taille et qui me raconte son calvaire, la peur ressentie. Il s’effondre en larmes au milieu de ce récit. La plainte est enregistrée, ses blessures sont constatées officiellement. Il est en effet emmené à l’hôpital et un certificat médical de 10 jours d’ITT est établi. Je le revois quelques jours plus tard. Il porte les stigmates de ses blessures : minerve et douleurs. Il n’a que sa plainte. Pas de certificat médical. J’appelle le chef de centre, qui m’explique que le médecin vu à l’hôpital intervient également dans le CRA. Il ne voulait pas être juge et parti et préférait que ce soit l’un de ses confrères qui fasse le certificat médical. Perplexe, je me demande où est passé ce document ?

Il tente une réponse en indiquant que seul l’officier de police judiciaire (OPJ) qui a pris la plainte doit l’avoir en sa possession. Or, Brehima Sacko est le plaignant et en tant que tel il doit avoir la copie du certificat ! L’OPJ nous refuse la délivrance de ce document et nous nous orientons vers un avocat afin de saisir le procureur de la République.

Las, le service médical établit un certificat constatant les 10 jours d’ITT. Un juge s’en mêle et demande un nouveau certificat. Brehima Sacko saisit un parlementaire et le défenseur des droits. Un entretien suit, mais pas de réponse. Le 1er août, Brehima Sacko est expulsé, un jour avant la liberté. Depuis, plus de nouvelles.

Intervenant au centre de rétention du Mesnil Amelot

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