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L’immolation : seule échappatoire à la rétention ?

15 octobre 2013

L’audience a commencé vers 10h05. Pendant que la juge interroge un premier étranger enfermé au CRA, le deuxième, monsieur H B, vers 10h10, s’est aspergé d’une topette en plastique remplie d’essence et y a mis le feu. Les policiers de l’escorte sont intervenus très rapidement pour éteindre le feu qui prenait sur ses vêtements. Ils l’ont placé au sol allongé sur le côté. Les deux avocats et la juge ont ôté leurs robes pour participer à l’action.

La Cimade n’étant plus présente au centre de rétention administrative (CRA) de Saint Saint-Exupéry proche de l’aéroport de Lyon, le groupe Cimade de Lyon, en lien avec la « commission étrangers » du barreau de Lyon, a voulu rester en contact avec les étrangers qui y sont enfermés. Un groupe d’observation a été mis en place en mars 2010 pour suivre les audiences du tribunal de grande instance (TGI) et les décisions du juge des libertés et de la détention.

Un rapport sur les deux premières années de cette observation a été publié en 2012.

Cette présence citoyenne continue à ce jour et c’est dans ce cadre qu’Henri Floris, bénévole à La Cimade de Lyon, participait à l’audience du 2 octobre. Celle-ci a pris une tournure inhabituelle :

« L’audience a commencé vers 10h05. Pendant que la juge interroge un premier étranger enfermé au CRA, le deuxième, monsieur H B, vers 10h10, s’est aspergé d’une topette en plastique remplie d’essence et y a mis le feu. Les policiers de l’escorte sont intervenus très rapidement pour éteindre le feu qui prenait sur ses vêtements. Ils l’ont placé au sol allongé sur le côté. Les deux avocats et la juge ont ôté leurs robes pour participer à l’action. Pour ma part, je me suis contenté d’aider à éteindre les flammes qui s’étaient répandues sur le sol. Peu après, le service de sécurité du tribunal est arrivé, puis les pompiers, qui ont prodigué les premiers soins, et assuré le transfert de monsieur H B au service des brûlés de l’hôpital Édouard Herriot en compagnie d’une partie de l’escorte de police. En fait, celui-ci ne présentait qu’une légère trace de brûlure sur l’abdomen. J’ai quand même noté que cet homme, quand il était plaqué au sol hoquetait, comme s’il allait vomir et était agité de mouvements spasmodiques. Le président du TGI, la substitut du procureur de la République, et la greffière en chef se sont déplacés pour venir dans la salle d’audience. De la fumée et une odeur d’hydrocarbures s’étaient répandues dans la salle. Personne ne s’était préoccupé de se saisir de l’extincteur, placé dans un placard, masqué par les sièges qu’occupent les interprètes. De plus, il fallait savoir que ce placard pouvait s’ouvrir sans clé.
La juge et la jeune greffière étaient choquées, elles ont dû être remplacées. Une autre magistrate a pris la présidence de l’audience. Monsieur H B a été jugé en son absence alors qu’il se trouvait à l’hôpital. L’avocate de la défense m’a fait remarquer que s’il n’avait pas eu d’avocat, la procédure n’aurait pas pu se poursuivre en son absence.
Cet incident illustre la violence des actes de désespoir que les personnes étrangères enfermées sont capables de s’infliger à elles-mêmes pour tenter d’éviter une expulsion dans leur pays d’origine. »

Pour en savoir plus, un article de Rue89 Lyon à lire ici.

Henri Floris, bénévole au groupe Cimade de Lyon

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