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Naufrages en Méditerranée : un sommet européen pour rien

12 novembre 2013

Suite aux dramatiques naufrages en Méditerranée, la question des migrations s’est invitée à l’agenda du sommet des chefs d’État et de gouvernement européens des 24 et 25 octobre derniers. Face à l’émotion suscitée par ces évènements, ces derniers ne pouvaient pas rester silencieux et inactifs. C’est malheureusement d’une minuscule souris que le Conseil européen a accouché, comme en témoigne sa courte et creuse déclaration finale.

Suite aux dramatiques naufrages en Méditerranée, la question des migrations s’est invitée à l’agenda du sommet des chefs d’État et de gouvernement européens des 24 et 25 octobre derniers. Face à l’émotion suscitée par ces évènements, ces derniers ne pouvaient pas rester silencieux et inactifs. C’est malheureusement d’une minuscule souris que le Conseil européen a accouché, comme en témoigne sa courte et creuse déclaration finale.

La question des politiques d’asile et d’immigration de l’Union Européenne (UE) et des vies perdues en Méditerranée nécessitait une discussion approfondie et critique des chefs d’État et de gouvernement européens. Pourtant cela n’a été qu’un point mineur à l’agenda du sommet dominé par la controverse autour des écoutes de la NSA.

Le Conseil européen s’est déclaré « profondément attristé », et prêt à « agir avec détermination » pour « éviter que de telles tragédies humaines se reproduisent ». Mais il s’est bien gardé de reconnaître sa responsabilité dans la mise en place de politiques migratoires de fermeture, de véritables dispositifs mortifères contre les personnes migrantes qui sont en partie la cause des récents naufrages en Méditerranée. En outre, les sujets sensibles comme la solidarité et le partage des responsabilités entre les États membres ont été ignorés. Préférant ne pas remettre en question le modèle actuel des politiques migratoires de l’UE, le Conseil a ajourné la réflexion, et les mesures de long terme, après les élections européennes.

Quant à ses quelques annonces de mesures de court terme, elles se limitent à des principes qui seront concrétisés les 19 et 20 décembre, lors d’un prochain sommet européen. Elles comprennent notamment :

  • l’augmentation des moyens et des activités de l’agence Frontex en Méditerranée – sans qu’aucun chiffre n’ait été annoncé ;
  • le renforcement de la coopération avec les pays d’origine et de transit, par un « soutien approprié de l’UE dans le domaine du développement et par une politique de retour effective » ;
  • et l’intensification de la lutte contre la traite des êtres humains et les passeurs.

Pas une proposition en matière d’asile, pourtant au cœur des enjeux. Des mesures très décevantes, ne faisant preuve d’aucune ambition, ni volonté de changement de paradigme. Des mesures dans la continuité de politiques basées sur une logique sécuritaire et répressive plutôt que sur la protection des droits des personnes migrantes. L’appel au renforcement des moyens de Frontex par les chefs d’État et de gouvernement européens en est l’illustration. L’objectif ici est bien de renforcer encore la surveillance des frontières de l’UE et d’empêcher les personnes migrantes d’atteindre le territoire européen. Derrière le triptyque « prévention, protection, solidarité » promu par le Conseil européen, il s’agit de protéger prioritairement les frontières de l’UE et non les vies et les droits des personnes migrantes.

Les demandes portées par les associations, dont La Cimade, à travers deux lettres – une de la campagne Frontexit et une de la CFDA – adressées à François Hollande en amont du sommet européen sont restées lettre morte.

Photographie : © Sara Prestianni

http://www.flickr.com/photos/saraprestianni/

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