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« Nous les militants sommes empêtrés dans notre présent, dans notre réalité, l’artiste lui, nous emmène ailleurs… »

14 novembre 2012

Rencontre avec Marie Mortier, coordinatrice du festival Migrant’scène.

Rencontre avec Marie Mortier, coordinatrice du festival Migrant’scène.

  • Vous avez lancé l’édition 2012 du festival Migrant’scène, lundi 12 novembre, par une soirée intitulée « les nouveaux guerriers de l’imaginaire », pourquoi ce titre ?

Le festival Migrant’scène est organisé par La Cimade depuis cinq ans dans toute la France et depuis 1999 dans le Sud Ouest. L’idée de cette soirée était un peu, pour nous, d’interroger cette expérience et d’en débattre avec le public. Comment La Cimade, une association de solidarité avec les personnes migrantes, qui utilise essentiellement l’arme juridique depuis les années 80, peut travailler avec des artistes pour faire bouger les lignes politiques de nos imaginaires, pour faire évoluer profondément les représentations ? Je suis convaincue, que nous militants, nous avons besoin des artistes qui inventent de nouvelles visions, de nouvelles représentations, que nous devons batailler ensemble.

  • Justement, vous avez présenté le roman de Laurent Gaudé, Eldorado, comme une source d’inspiration pour l’édition 2012 du festival qui a pour thème les traversées. Vous n’avez pas assez de la réalité des permanences de La Cimade pour vous inspirer ? 

Oui. C’est une bonne question. En fait, un roman comme Eldorado nous sort de l’immédiateté de notre combat. Nous militants, sommes collés à la réalité, empêtrés dans le présent. Or ce roman nous emmène ailleurs, touche le sensible, l’imaginaire. On voit alors les migrants différemment, avec leurs désirs, leurs rêves, leurs peurs…on écoute différemment le récit de leurs traversées. En fait, je crois, et Laurent Gaudé l’a souligné aussi lors de ce débat, que ce qui peut réunir l’artiste et le militant c’est une certaine responsabilité face au monde. Chacun agit parce qu’il se sent responsable de dire ou de dénoncer. Mais quand le militant agit dans un temps court, pour faire évoluer une situation, ici et maintenant, l’artiste, lui, travaille dans une temporalité longue. Il déplie des sens et des représentations sans savoir ce qui va se passer, le temps que cela va mettre…

  • Comment avez-vous choisi la programmation de cette édition 2012 ?

D’abord, le public a besoin d’informations. On entend beaucoup parler d’immigration, mais finalement on sait peu de choses, qu’est ce que l’exil, quel rôle joue l’Union européenne, qu’est ce qui se passe à Mayotte ? Surtout avec le festival, on cherche à dépasser les stéréotypes, or sur les traversées des migrants, il y a en tant ! Pourquoi par exemple aujourd’hui on ne parle plus de boat-people mais de clandestins ? Pour réfléchir à tout cela, on a choisi de raconter ce qui se passe en Méditerranée, frontière maritime nord-sud par excellence mais aussi par exemple ce qui se passe dans le canal du Mozambique entre les Comores et Mayotte, département français.

Et pour ça, nous avons travaillé avec des artistes au langage différents. Il y a eu des créations plastiques, photographiques, de spectacle vivant…L’idée est de présenter des œuvres artistiques originales qui ont été créées en dialogue avec La Cimade.

Enfin, nous présentons une programmation cinématographique très riche. Car ces dernières années, le cinéma s’est emparé de ce thème des traversées. C’est en effet un thème très fort, l’imaginaire de la mer, du voyage, de la liberté, les questions universelles de la solidarité en mer, de l’homme face aux éléments etc.

La soirée de lancement du festival en photos

Toute la programmation, ville par ville, sur le site du festival

 

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