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Pour un droit à l’intimité en prison.

16 novembre 2009

La Cimade soutient la campagne lancée par l’association RAIDH et est signataire de la pétition « Pour un droit à l’intimité en prison ».

À l’occasion de la sortie du livre Sexualité et prison : désert affectif et désirs sous contrainte aux éditions Max Milo, dont l’auteur est le secrétaire général de Raidh (Réseau d’alerte et d’intervention pour les droits de l’Homme ), l’association a décidé de lancer une campagne associée à une pétition en faveur du droit à l’intimité des personnes détenues.
RAIDH a adressé une lettre à Nicolas Sarkozy annonçant leur initiative et la pétition est adressée ce jour à l’ensemble des parlementaires français pour signature.
La Cimade soutient la campagne lancée par l’association RAIDH et est signataire de la pétition.

Pour un droit à l’intimité en prison.

NOUS, conjoints de détenus, responsables associatifs et politiques, défenseurs des droits de l’Homme,  citoyens, réclamons par cette pétition – ainsi que par une lettre adressée conjointement au Président de la République – que soit prise en compte la dimension affective et sexuelle de toutes les personnes détenues en France, prévenues ou condamnées, quel que soit l’établissement pénitentiaire et la durée de la peine.
Pour que la prison respecte ses ambitions de réinsertion, nous réclamons, qu’elle se limite, comme le droit l’indique, à une privation de liberté d’aller et venir.Nous reconnaissons tous que la possibilité d’avoir une sexualité participe de l’équilibre de chacun.
Or, au mépris des règles pénitentiaires européennes (la règle 24-4 souligne l’importance des visites dont les modalités doivent « permettre aux détenus de maintenir et de développer des relations  familiales de façon aussi normale que possible ») la France persiste à bafouer les droits de plus de 60000 détenus en niant quotidiennement leur droit à l’intimité. La privation de sexualité est appréhendée comme une double peine par les détenus :  la privation de liberté ne devant pas nécessairement entraîner l’absence de tout contact humain.
Doit-on s’étonner du nombre exponentiel de suicides dans nos prisons ?Dans l’exercice de sa mission de service public, l’administration pénitentiaire est tenue de favoriser la réinsertion sociale du détenu.

C’est en outre l’engagement formel pris par Nicolas Sarkozy à l’occasion des États généraux de la condition pénitentiaire en 2007 : « Je me suis clairement engagé à ce que la dignité de la condition carcérale soit une priorité de notre action. Être condamné à une peine de prison, ce n’est pas être condamné à être maltraité par d’autres détenus, à ne plus avoir de contacts avec sa famille, à vivre dans une cellule surpeuplée, à se sentir acculé au suicide (…).

Le principe de l’encellulement individuel pour toute personne qui le souhaite, dans des conditions respectueuses de l’intimité, doit être garanti.
Le maintien des liens familiaux, par la création d’unités de visites familiales dans toutes les prisons, la réinsertion (…) doivent faire l’objet de toutes nos attentions. »Or, sur les 190 établissements en France, seuls 7 bénéficient de structures à l’abri des regards permettant aux détenus d’entretenir des contacts affectifs avec leurs partenaires.
Quel sort réserve-t-on aux détenus des 183 établissements restants ?
Les relations sexuelles volées au regard des surveillants dans les parloirs collectifs. Le gavage quotidien de pornographie. Les viols et la prostitution teintés de violences homophobes. Une suite ininterrompue d’humiliations, donc.

Maintenir des liens affectifs en respectant l’intimité de chacun contribue à pacifier les relations au sein des établissements pénitentiaires, notamment entre détenus, et à envisager la libération et la réinsertion avec optimisme.

Consacrer juridiquement un droit à l’intimité en prison constitue une étape urgente dans l’amélioration des conditions de détention.
 
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