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Décès d’un nourrisson au CRA de Mayotte : l’Etat doit mettre fin au placement de mineurs au centre de rétention

21 août 2012

Suite au décès jeudi 16 août d’un nourrisson au centre de rétention administrative de Mayotte, les intervenants de La Cimade sur place ont collecté des informations sur ce drame et l’association réaffirme que l’interdiction de l’enfermement des enfants doit s’appliquer partout, y compris à Mayotte.

Suite au décès jeudi 16 août d’un nourrisson au centre de rétention administrative de Mayotte, les intervenants de La Cimade sur place ont collecté les informations suivantes :

Mercredi 15 août vers 21h, une embarcation (kwassa) est interceptée au large de l’île de Mayotte par la Marine nationale.

  • D’abord débarqués à Sada (à l’ouest de Mayotte), les passagers en provenance des Comores sont ensuite ramenés sur Petite Terre ;
  • Parmi ces personnes, une jeune mère de 17 ans et son nourrisson (une petite fille de deux mois) ;
  • D’après les témoignages que nous avons pu recueillir auprès des autres passagers, la traversée a duré au minimum 9h dans des conditions particulièrement précaires et dangereuses ;
  • Au débarquement les passagers n’ont pas bénéficié d’un premier examen médical par le SMUR (Service mobile d’urgence et de réanimation), contrairement à ce qui est censé constituer la garantie d’un accueil décent de ces personnes.

Au cours de l’ensemble de la procédure, il semble qu’aucune attention particulière n’ait été portée au bébé malgré son très jeune âge et les conditions de transport durant neuf heures, y compris lors de l’évaluation médicale à l’arrivée au centre de rétention administrative (CRA).

La Cimade demande donc à ce que les personnels de l’administration sur place soient clairement alertés sur le fait qu’aucune personne malade ou fragile ne doit être placée en centre de rétention, l’évaluation de l’état de santé des personnes devant être réalisée par un personnel ayant les compétences requises.

Il convient également de souligner que ce drame aurait sans doute pu être évité si la récente circulaire interdisant le placement des enfants en rétention avait été applicable sur tout le territoire de la République, y compris à Mayotte.

Contrairement à ce que défend le ministère de l’Intérieur, une telle exception ne saurait se justifier au regard de la situation particulière de Mayotte. Dans le cas présent, la jeune femme disposait d’une famille sur place et aurait donc pu être assignée à résidence ou, étant mineure, être confiée avec sa fille au service de l’Aide sociale à l’enfance.

En tout état de cause, les contraintes locales, quelles qu’elles soient, ne sauraient affranchir le gouvernement du respect des droit et des conventions internationales qui s’imposent à la France. Les instances judiciaires européennes l’ont clairement rappelé, le placement de mineurs au CRA constitue un traitement inhumain et dégradant, il faut y mettre fin sans délai à Mayotte.

Si des solutions doivent être recherchées concernant la circulation des personnes au sein des Comores, elles doivent l’être dans le cadre d’accords de coopération et de soutien au développement au sein de la région. À cet égard, la mission confiée à M. Christnacht ouvre de nouvelles perspectives très favorables.

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