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Sud-Est

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Procès de Nice : quand la solidarité est un délit

12 décembre 2016

Trois personnes, résidant près de Nice, sont actuellement mises en examens devant la Justice, accusées d’aide à l’immigration illégale. Elles ne le nient pas, mais se défendent d’être délinquantes et affirment au contraire avoir agi humainement et en tant que citoyennes. Voilà les raisons pour lesquelles nous les soutenons. Disons […]

Trois personnes, résidant près de Nice, sont actuellement mises en examens devant la Justice, accusées d’aide à l’immigration illégale. Elles ne le nient pas, mais se défendent d’être délinquantes et affirment au contraire avoir agi humainement et en tant que citoyennes. Voilà les raisons pour lesquelles nous les soutenons.

Disons tout d’abord que les personnes aidées que l’on nomme dans les médias des « migrants », fuient des pays en guerre ou en conflits violents. Dans le langage international reconnu, ils devraient être appelés des « demandeurs d’asile ». Jusqu’au début des années 80, on disait « réfugiés ».
Or, la France, comme la plupart des pays sur la planète, a signée et ratifiée la convention de Genève de 1951 concernant les réfugiés. Elle s’est engagée à les accueillir, au moins le temps de l’instruction de leur demande. Appuyant cela, la directive européenne sur « les normes minimales d’accueil des demandeurs d’asile » (2012) précise que celui-ci doit assurer dans « la dignité », l’hébergement, la nourriture, l’habillement et les soins. Rappelons qu’une directive est obligatoire et que les textes internationaux sont supérieurs aux lois nationales (principe de « hiérarchie des normes »).

Il se trouve qu’aujourd’hui en France, des centaines de demandeurs d’asile, y compris des personnes « vulnérables » comme des enfants, des personnes malades, des femmes enceintes, des vieillards, sont laissés à la rue, dans le dénuement le plus complet.
L’Etat gouverne au nom des citoyens. Nous pensons que s’il manque à ses obligations, il est du devoir des citoyens d’y pallier. C’est ce qu’ont fait les personnes mises en examen.

Par ailleurs, « l’assistance à personne en danger » n’est pas à proprement parlé un droit, c’est un devoir dont le manquement pourrait amener à être mis en examen. Nous pensons que les autorités françaises pourraient être traduites devant des tribunaux sur cette base. Celles et ceux qui portent assistance devraient être décorées pour leurs actes d’humanité et de courage.

N’oublions pas aussi que le droit de « quitter son pays » est mentionné dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (art. 13 – 1948). Reconnaissant en toute logique et honnêteté que si l’on n’a pas le droit de rentrer dans un autre, alors ce droit est inopérant.
Disons enfin que depuis les origines de l’humanité, des groupes ont migré pour trouver des conditions de vie digne, et pour organiser des échanges. L’humanité a survécu et s’est cultivée en migrant ; cela n’a aucun sens aujourd’hui de vouloir enfermer les peuples dans des frontières hermétiques, à l’heure où des risques majeurs les menacent, et où naissent ici et là des expériences nouvelles et positives permettant de les affronter pour faire de cette terre commune le berceau d’une seule humanité.

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