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Traversée interdite : les harragas face à la forteresse Europe

10 mai 2011

C’est par le suicide d’un jeune homme qui s’est immolé par le feu qu’a commencé la révolte en Tunisie : un jeune qui brûle, pour hurler à la face du monde sa rage et son désespoir… Le livre de Virginie Lydie a été écrit bien avant cela, mais on ne […]

C’est par le suicide d’un jeune homme qui s’est immolé par le feu qu’a commencé la révolte en Tunisie : un jeune qui brûle, pour hurler à la face du monde sa rage et son désespoir… Le livre de Virginie Lydie a été écrit bien avant cela, mais on ne peut s’empêcher de faire le rapprochement, puisque son étude porte précisément sur le cas de ces jeunes Maghrébins que l’on appelle « harragas » ce qui signifie littéralement en arabe « ceux qui brûlent ».
On utilise aussi parfois le terme de « harga » (la brûlure) pour désigner leur choix d’une émigration clandestine en Europe : « ils brûlent tout : les étapes d’une demande de visas qui n’a aucune chance d’aboutir […], les frontières […], leurs papiers, car ils savent bien qu’ils ne pourront pas être expulsés s’ils ne sont pas identifiés. Ils brûlent beaucoup de choses… Parfois même leur vie. »

Le phénomène est certes marginal, en tous cas loin d’être représentatif de l’ensemble des réalités migratoires, du moins si l’on s’en tient aux chiffres et qu’on donne au terme « harragas » son sens strict : « une catégorie de migrants irréguliers originaires du Maghreb, qui ne déclarent pas leur identité et qui […] prennent la voie maritime pour venir en Europe ». Car 90 % des migrants en situation irrégulière sont entrés légalement avec un visa et moins de la moitié des 10% restants arrive en Europe par la mer, tous ne venant pas du Maghreb.
C’est en revanche une forme d’émigration spectaculaire et très médiatisée, dont les images chocs alimentent l’imaginaire, entre fascination des uns envers une démarche « héroïque » et fantasmes d’invasion chez d’autres.
Le parcours des harragas est largement semblable à celui de tous les immigrés clandestins : les 3 parties du livre (départ, conditions de vie des sans-papiers, retours forcés) en rappellent les données « objectives ». Mais il est spécifique, du fait de sa forte charge symbolique, ne serait-ce que par le cri « Partir ou mourir ! » que lancent les harragas.
Grâce aux nombreux témoignages recueillis auprès des harragas eux-mêmes ou de leurs proches, tantôt dans les pays de départ, tantôt en Europe, cette étude conduit à un vigoureux réquisitoire contre les politiques de fermeture de l’Europe-forteresse, à la fois vaines et criminelles.

« En fermant ses frontières, en érigeant des barrages, en pourchassant les intrus, en les emprisonnant, l’Europe développe un sentiment intense d’injustice et de frustration qui entraîne tout un pan de la jeunesse maghrébine sur la trace d’Icare. […] La cire qui maintenait les ailes d’Icare n’a pas résisté au soleil : il est mort dans l’insouciance de sa jeunesse, ivre d’une liberté nouvelle qui le poussait à aller toujours plus loin, puni d’avoir tenté, par sa tentative d’évasion, de migration vers le pays interdit, de remettre en cause l’ordre du monde »

Pages : 160 pages
ISBN : 978-2-900595-22-0

prix : 19,00€ (port inclus)

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