Languedoc-Roussillon

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Expulsion imminente d’un jeune Soudanais victime de violences policières

21 novembre 2019

Un jeune homme de 25 ans Menacé est d’une expulsion vers le Soudan où il risque sa vie. Il a été emprisonné suite à une première tentative d’embarquement pieds et poings liés durant laquelle il déclare, certificat médical à l’appui avoir subi des violences policières. Son parcours est marqué par un enfermement à répétition. Il est pourtant demandeur d’asile et recherche avant-tout à être protégé.

Arrivé en France en 2017 après un parcours migratoire chaotique, Hassan voit sa demande d’asile rejetée par l’OFPRA puis par la CNDA. Il introduit ensuite une demande de réexamen. C’est alors que l’engrenage infernal de l’enfermement s’est (re)produit : interpellé alors qu’il rendait visite à des ami·e·s à Sète, Hassan est enfermé un mois durant au centre de rétention administrative (CRA), avant que la police ne l’emmène menotté et les pieds entravés à Marseille, où un avion attend de l’expulser vers le Soudan.

Convaincu d’être de nouveau interpellé et torturé s’il était effectivement expulsé, Hassan se débat, ce qui selon son témoignage, engendre coups et violences de la part des agents : « Trois policiers m’ont soulevé, porté dans l’avion et forcé à m’asseoir. Les coups ont commencé à ce moment-là. Ils m’ont frappé à de nombreuses reprises, à la tête et au ventre. Il y avait également aussi un policier qui m’a porté des coups à la tête. Un autre policier a appuyé très fortement sur mon épaule alors que j’étais menotté dans le dos, la douleur était terrible. Dans l’avion, l’un des escorteurs m’a dit que je ne devais plus parler, que je devais garder le silence. Il m’a mis la main sur le nez et la bouche, je n’arrivais plus à respirer, j’ai commencé à étouffer et à cracher, d’autant plus que je suis asthmatique, le policier m’a dit « arrête ta comédie », il m’a accusé de faire semblant. »

Face à une telle scène, le commandant de bord refuse de décoller, et les policiers auraient menacé Hassan de représailles une fois de retour au CRA. De retour au CRA, il dépose plainte, certificat médical à l’appui.

Alors qu’il demande réparation, c’est la répression judiciaire qui lui est réservé. Condamné à quatre mois de prison pour avoir refusé d’embarquer, Hassan est incarcéré à Villeneuve-lès-Maguelone d’où il sortira le 22 novembre au matin.

Entre-temps, Hassan a été convoqué à la CNDA pour sa demande de réexamen, mais étant incarcéré, il n’a pu s’y rendre. Une nouvelle convocation est prévue pour le 27 novembre, mais la préfecture a fait savoir à Hassan qu’elle allait l’attendre à sa sortie de détention, et l’emmener de nouveau à l’aéroport de Marseille le jour même.

 

La Cimade dénonce l’aveuglement de la politique menée à l’encontre des personnes étrangères au mépris de leurs droits les plus fondamentaux. La Cimade demande aux autorités françaises de respecter la Convention européenne des droits de l’homme et la Convention des Nations-Unies contre la torture en préservant les personnes ressortissantes du Soudan de tous risques de mauvais traitements.

 

 

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Auteur: Région Languedoc Roussillon

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