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Episode 4 – Au bout du tunnel

En 2019, Roland est venu passer quelques jours chez son frère, en France. Pendant son séjour, il tombe amoureux d’une française et « choisit de rester pour elle ». Lorsque le couple souhaite se marier, il butte contre l’administration : « le dossier est à la main du procureur […] pour des enquêtes ». Entre sa situation administrative et le confinement, son couple éclate. Par la suite, il refait sa vie et devient père. Sa présence étant auprès de sa fille française, il entame des démarches de régularisation malgré son interdiction de retour sur le territoire (IRTF).

Au bout du tunnel : le quatrième et dernier podcast de la série « Nous, les banni·e·s »

La Cimade présente le quatrième et dernier témoignage de la série « Nous, les banni·e·s », son podcast qui donne la parole aux invisibles.

Dans la première partie de cet épisode, Roland illustre les blocages administratifs qui peuvent se dresser lorsqu’un couple franco-étranger souhaite se marier.

Comme de nombreux couples mixtes, sa situation démontre la suspicion de fraude dans les relations humaines et l’immixtion violente de l’administration dans la vie privée. « Ils voulaient savoir […] comment on vit ensemble, qu’est-ce qu’on fait ensemble, est-ce qu’on sort ensemble, montrer la photo, ce qui prouve qu’on sort ensemble, comment on se débrouille au lit… » confie-t-il. Le caractère invasif des enquêtes se couple généralement d’une procédure peu transparente et d’une volonté de décourager au maximum, comme si l’amour était un délit : « on a eu affaire au moins près de 4 à 5 auditions. J’ai finalement capté qu’[…]ils ne voulaient pas valider ce dossier pour qu’on puisse se marier, c’est tout. ».

De plus, à la suite d’un contrôle, son quotidien se complexifie en raison d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF) et d’une interdiction d’y revenir (IRTF). Parce qu’il aime une personne française, il reste , et prend conscience de ce que cela signifie. Ainsi, il explique que « parfois [il] n’arrive plus à sortir […] » et ajoute « tu n’as pas de papiers, tu n’as rien« constat que les droits fondamentaux – tel que le mariage – sont sacrifiés sur l’autel de l’expulsion est bien sombre.

Dans la deuxième partie de son témoignage, Roland rencontre la femme de sa vie, après sa séparation avec son ex-compagne, et redonne de l’espoir aux personnes bannies du territoire.

En effet, au moment où il apprend que sa nouvelle compagne est enceinte, il est heureux et « commence par penser être papa ». Seulement, sa situation administrative le rattrape rapidement car, à l’instar d’autres futurs pères, il pense à l’arrivée de son enfant et au fait de subvenir à ses besoins.

A la naissance de sa fille, il décide alors de demander un titre de séjour malgré son IRTF. Il réussit à obtenir un rendez-vous en préfecture et à faire enregistrer sa demande ; sa situation a changé depuis les décisions administratives de 2020. Trois mois plus tard, la préfecture lui accorde un titre de séjour d’une durée d’un an, contrairement à un bon nombre de personnes étrangères présentant la même situation. L’administration lui reconnaît ainsi le droit d’être près de sa famille : « tous les jours, je me lève à côté de ma fille et à côté de ma compagne ». Comme il le souligne « au fil du temps, tout peut changer ».

A travers son récit, les blocages administratifs empêchant le réexamen et la régularisation des personnes sous IRTF laissent un gout amer. Aujourd’hui, de nombreuses personnes se heurtent à un mur lorsqu’elles font valoir un changement de situation auprès des préfectures. Si Roland a pu obtenir une régularisation, l’écrasante majorité des personnes présentant une situation similaire sont maintenues dans des zones de non-droit. Roland montre que la loi peut être respectée et il ne doit pas rester une exception.

La Cimade dénonce la machine à expulser et revendique :

  • La suppression des IRTF, instrument de bannissement ;
  • Une réforme en profondeur du droit applicable en changeant de paradigme : des dizaines de milliers de personnes ont construits leur vie en France et restent privées de leurs droits ;
  • L’arrêt des expulsions et l’acharnement institutionnel à l’encontre des personnes qui restent en France.

 

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