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En Gironde, un outil de plus à l’arsenal de la politique du tout enfermement : création d’un Local de Rétention Administrative (LRA) permanent

22 octobre 2021

Le 20/10/2021, la préfecture de Gironde a ancré sur son territoire une pratique déployée depuis déjà des mois, à savoir la création de locaux de rétention administrative.

Alors que depuis le mois de septembre 2020, nous avons comptabilisé la création de 8 LRA temporaires dans des hôtels aux abords de l’aéroport, conventionnés avec l’administration (création de LRA « à la carte » que nous avons dénoncée), la préfecture a franchi un cap de plus en créant un LRA permanent de 12 places à Cenon.

Les LRA, bien que légaux, sont des dispositifs d’enfermement opaques et particulièrement rétrogrades en matière d’accès aux droits. Aucun chiffre du nombre de personnes passant dans ces locaux d’enfermement n’est publié par le gouvernement. Aucune association n’est présente sur place pour accompagner les personnes enfermées dans la défense de leurs droits.

Qui plus est, jusqu’à maintenant en Gironde, ces dispositifs ont concerné des personnes interpellées en préfecture dans le cadre de leur procédure Dublin (détermination de l’état membre de l’UE responsable de la demande d’asile), pour être expulsées en moins de 24 heures vers ce pays.

La région bordelaise est déjà dotée d’un lieu d’enfermement dédié aux personnes étrangères, puisqu’un centre de rétention administrative existe dans les locaux de l’Hôtel de police de Bordeaux. La préfecture, par cette décision, continue de mettre en œuvre des pratiques attentatoires aux droits fondamentaux des personnes étrangères en accentuant sa politique du tout enfermement.

En ayant recours à ces placements dénoncés comme « de confort » pour l’administration, car facilitant pour elle l’organisation matérielle d’une expulsion, la préfecture porte à son paroxysme le principe d’invisibilisation et d’ostracisme des pratiques d’enfermement à l’encontre des personnes étrangères.

Les personnes enfermées dans les LRA sont privées d’un droit au recours effectif quant à leurs conditions d’enfermement. En effet, elles n’ont pas le temps de voir le juge des libertés et de la détention dont le rôle est précisément de vérifier la légalité de cette privation de liberté. Elles sont exposées au traumatisme de l’enfermement. Parmi elles, des personnes sont arrachées à leurs suivis médicaux, à leurs attaches en France, ou renvoyées dans des pays où elles risquent, par ricochet, d’être expulsées dans des pays à risque tel que l’Afghanistan.

 La préfecture de Gironde n’est pas un cas isolé puisque ces derniers mois, la création de ces locaux de rétention s’est démultipliée dans plusieurs villes de France (Marseille, La Rochelle, Cherbourg, St Brieuc, etc).  L‘augmentation exponentielle du nombre de places d’enfermement avec la création de nouveaux CRA (à Lyon, Orléans, Bordeaux et au Mesnil Amelot) , ainsi que  les LRA, est un signal de plus envoyé par le gouvernement dans sa volonté de faire de l’enfermement et de l’expulsion les pierres angulaires de sa politique d’immigration.

 La Cimade en appelle à la fin de cette politique du tout enfermement menée à l’encontre des personnes étrangères, politique qui participe à leur stigmatisation et à leur criminalisation en les fragilisant toujours plus. Une autre politique est possible, celle d’un accueil digne et respectueux des droits fondamentaux des personnes étrangères. 

Auteur: Région Sud-Ouest

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