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Outre-Mer

GUADELOUPE GUYANE LA RÉUNION MAYOTTE

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Les états généraux des migrations de Guyane

9 mai 2018

Vendredi 23 mars, les membres de plusieurs associations locales se sont réuni.e.s pour participer à un atelier mené par le groupe de la Cimade de Guyane et s’intégrant dans la démarche nationale des états généraux des migrations.

 

 

Etaient présents Médecins du Monde, la DAAC Guyane (Développement, accompagnement, animation, coopération), ADER (Action pour le développement, l’éducation et la recherche) et des membres de la Cimade (l’Arbre fromager, association venant en aide aux femmes victimes de violence, a participé à distance aux concertations).

Les États Généraux des Migrations sont un processus dans lequel sont impliqués des centaines de collectifs et d’associations locales ou nationales présentes sur le terrain aux côtés des personnes étrangères. Ces acteurs se concertent et organisent des événements publics pour dénoncer la politique actuelle et être force de proposition afin d’obtenir un changement radical de la politique migratoire, ils demandent la mise en place d’une véritable concertation de la société civile, associant l’ensemble des ministères (aujourd’hui le ministère de l’intérieur est le seul en charge de cette question).

Une session nationale se tiendra les 26 et 27 mai afin de rassembler, au niveau national, l’ensemble des concertations.

Les participant.e.s ont échangé sur les différentes situations rencontrées dans leurs associations respectives.

 

Le premier constat collectif est sans appel : la situation guyanaise ne permet pas un accueil digne des migrants. La majorité des associations et des administrations se trouvent à Cayenne et le réseau de transport ne permet pas un accès facile aux personnes vivant ailleurs sur le territoire. Il n’existe pas de centres d’accueil et il n’y a pas de structures pour accompagner les demandeurs d’asile (c’est la Croix-Rouge qui s’en occupe et elle manque de moyens). Le sujet de l’immigration est débattu dans une ambiance hostile aux étrangers et qui crée de fortes tensions au sein de la population. Le territoire fait face à une croissance démographique exponentielle, les maternités sont débordées, il existe une forte crise du logement et les écoles manquent de place. Les administrations et services publics peinent à rattraper cette croissance et manquent d’efficacité. Les difficultés rencontrées par la société guyanaise poussent la population locale à chercher un bouc émissaire et ce sont les personnes étrangères qui sont montrées du doigt.

 

 

Les participant.e.s sont partis des préjugés couramment entendus au sein de la population pour ensuite réfléchir collectivement à un contre argumentaire.

 

 

Un régime d’exception guyanais dénoncé

Les membres des associations présents ont jugé intolérable le régime dérogatoire guyanais pour les interpellations et les expulsions, induisant des inégalités de traitement, par exemple, l’administration peut expulser une personne avant que le juge saisi de la légalité de cette expulsion n’ait rendu sa décision.

L’existence des barrages de gendarmerie permanents établis sur les routes principales qui donnent l’accès à Cayenne et entravent la liberté de circuler divisant le territoire et entravant la liberté de circuler, ont également été dénoncées. Ainsi des personnes se trouvant en situation irrégulière (et donc ne pouvant passer les barrages sans se faire arrêter) peuvent être privées de l’accès à la préfecture, à certains tribunaux, à plusieurs services hospitaliers et consultations spécialisées, à des formations professionnelles ou universitaires.

Des propositions concrètes

Enfin, de nombreuses propositions ont été avancées afin de prouver qu’une autre voie politique est possible en matière d’immigration et que la société civile n’est pas seulement force de contestation. A titre d’exemple, il a été proposé que le coût des demandes administratives se fasse au prorata des ressources, la fin du régime d’exception touchant la Guyane : suppression barrages, gel des renvois jusqu’à ce qu’une décision soit rendue sur la légalité des recours déposés, la création d’un centre d’accueil des demandeurs d’asile ou encore de travailler au développement d’un réseau avec des associations présentes de l’autre côté des frontières fluviales.

Cet atelier fût une nouvelle occasion de créer du lien entre les différentes associations présentes et de réaffirmer leur objectif commun : construire un accueil plus digne et plus humain.

 

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