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De l’intention aux faits – édito de Jean Claude Mas

3 avril 2013

Le sort dévolu aux populations roms en France ne laisse pas d’inquiéter alors même que des signes encourageants semblaient annoncer des jours meilleurs, à la faveur d’une circulaire d’août 2012 et de la nomination d’un délégué interministériel.

Le sort dévolu aux populations roms en France ne laisse pas d’inquiéter alors même que des signes encourageants semblaient annoncer des jours meilleurs, à la faveur d’une circulaire d’août 2012 et de la nomination d’un délégué interministériel. Si des avancées sont notables, de l’intention aux faits, le constat reste implacable. En plein milieu de l’hiver, des évacuations se poursuivent sans proposition alternative d’hébergement comme le prévoyait pourtant la circulaire, on constate aussi des refus de scolarisation, ou encore l’absence de levée des mesures transitoires en matière d’accès à l’emploi.

Cas isolés, grippage de la machine administrative ? On pourrait le penser si cette dissonance entre le discours et les actes ne concernait que l’action publique en direction des Roms. À regarder de près la politique d’immigration proposée depuis quelques mois, l’intention et les faits ne font décidément pas bon ménage.

De la volonté de rompre avec la politique du chiffre à l’affirmation du maintien d’un nombre massif d’expulsions et d’un nombre limité de régularisations, de l’ambition d’une politique entièrement refondée à l’annonce de la modification, seulement à la marge, du CESEDA (Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile), du principe de l’égalité des droits au maintien d’un régime d’exception pour les migrants d’outre-mer, de l’urgence à la modération en matière de droit de vote des étrangers…, les dissonances vont bon train et avec elles, un wagon de désillusions.

Certes, le gouvernement actuel traite mieux les étudiants étrangers, a mis fin à la franchise AME (Aide médicale d’État), au délit de solidarité, a facilité la régularisation de quelques catégories de personnes sans papiers…, mais un renversement de politique, des raisons d’espérer, la perspective d’un souffle nouveau, non.

Le souhait de ne pas brusquer une opinion publique malmenée en période de crise, moins propice aux solidarités collectives, expliquerait-il ces atermoiements, ces reculs intempestifs ? Dans une récente enquête du CEVIPOF (janvier 2013), 70 % des sondés jugeaient qu’il y avait « trop d’étrangers en France » et 62 % que l’on « ne se sentait plus chez soi comme avant ».

Faut-il accompagner les peurs et le repli sur soi au risque de les conforter et de les justifier ? L’homéopathie ne fonctionne pas toujours. Ce serait plutôt d’un électrochoc politique dont nous aurions collectivement besoin, pour créer une rupture, signifier que l’immigration est une richesse et une partie de la solution à nos problèmes. Il n’est pas trop tard, mais le temps est compté.

Jean Claude Mas, secrétaire général de La Cimade

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