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Bilan de la demande d’asile en France et en Europe au 1er semestre 2019

13 septembre 2019

Eurostat publie régulièrement des données arrondies sur les demandes d’asile et cela permet de décrire les principales tendances pour le premier semestre 2019. Analyse et cartes.

Données extraites de la base de données Eurostat
Avertissement : les données publiées pour la France diffèrent de celles de l’OFPRA pour trois motifs :
-elles sont arrondies
-l’OFPRA comptabilise certaines demandes formulées par des mineur·e·s avec les adultes, dès lors qu’elles sont déposées à titre personnel et donnent lieu à une décision propre (isolé·e·s et jeunes filles risquant l’excision par exemple).

elles ne prennent pas en compte les personnes réinstallées

Les données citées dans cet article concernent les demandes adultes sauf exception. 

Combien de demandes d’asile ont-elles été enregistrées en France?

Au premier semestre 2019, selon Eurostat, près de 62 000 demandes ont été introduites à l’OFPRA. Parmi elles, 45 075 sont des premières demandes formulées par des adultes; 4 535 réexamens et 11 560 des demandes formulées par des mineurs.  Cela représente une hausse de 7,1% par rapport à la même période de 2018.

L’Albanie et la Géorgie, avec 5 305 et 5 045 demandes (mineurs et réexamens compris), sont les deux premières nationalités de demandes d’asile alors qu’elles sont inscrites sur la liste des pays considérés comme sûrs par l’OFPRA. L’Afghanistan arrive troisième (4 495 demandes, première nationalité pour les adultes ), la Guinée, la Côte d’Ivoire et Haiti suivent.


Décisions :baisse du taux d’accord

Avec près de 28 510 décisions au deuxième trimestre (dont 21 235 décisions pour des adultes), l’OFPRA a pris un peu moins de décisions qu’au 1er trimestre . Le taux d’accord est de 21,1 % pour les dossiers adultes (25 % en comptant les mineurs) La principale explication est l’importance des décisions concernant les pays d’origine sûrs avec des taux d’accord de plus en plus faible pour les nationalités donnant lieu à un grand nombre de décisions (Albanie, 6%; Géorgie,3%) mais aussi le taux modeste pour la Guinée (10,5%) le Bangladesh (8,6 %)ou la Côte d’Ivoire (11,9%). A l’inverse l’Afghanistan ou le Soudan connaissent des taux d’accords importants (62%).

 

 

 

 Augmentation sensible des dossiers en instance

Le nombre de dossiers en instance a fortement augmenté puisqu’à la fin juin 62 685 demandes (dont 50 755 adultes) étaient en cours d’instruction soit près de 19 125 de plus qu’en juin 2018 (mineurs compris)  . Le plus important contingent est l’Afghanistan (près de 6 000 adultes contre 4 500 en juin 18) devant la Guinée (3 695) , la Géorgie( 2 670) , le Bangladesh (2 505 ) et la Côte d’Ivoire (2 415). Le délai moyen prévisible (nombre de dossiers en instance/ nombre de décisions prises) est de 6.8 mois soit deux de plus qu’en 2018.

En Europe , forte hausse des demandes en Espagne, chute en Italie

Au niveau européen, selon les statistiques Eurostat, 384 785 (mineurs et réexamens inclus) ont été introduites soit une hausse de 6,5 % par rapport à la même période de 2018. Si l’’Allemagne reste le premier pays d’accueil avec 85 635 demandes,La France enregistre déjà plus de premières demandes adultes qu’outre-Rhin (sans compter les Dubliné·e·s) et l’Espagne enregistre  55 295 demandes  (soit une hausse de 150 %) devant la Grèce (30 440) , l’Italie (20 995, moitié moins qu’en 2018) et le Royaume uni (20 930).


En ce qui concerne les décisions , 195 985 décisions adultes de première instance ont été prises et le taux d’accord global  est de 27,2% dont 15,4% de réfugiés,. 8,6% de protection subsidiaire et 3,1% de statuts humanitaires. L’Italie est le pays qui a pris le plus de décisions avec un taux d’accord qui s’effondre (18,5 % avec la quasi disparition des protections humanitaires) suivie de la France et de l’Allemagne.


Le nombre de dossiers adultes en instance est de 674 070 dont 37% pour la seule Allemagne. l’Espagne représente 15 % des dossiers (principalement des demandes vénézuéliennes ou colombiennes dont l’instruction est gelée). Le délai moyen prévisible est de 20,6 mois avec des fortes disparités : 1,8 mois pour le Portugal contre 78,5 mois en Espagne. La France, malgré l’augmentation fait donc bonne figure.

Auteur: Responsable national Asile

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