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Bilan provisoire des demandes d’asile en France et en Europe en 2019

5 juin 2019

Eurostat a publié des données arrondies sur les demandes d’asile en France et en Europe.

Données arrondies extraites de la base EUROSTAT

Avertissement : les données publiées pour la France diffèrent de celles de l’OFPRA pour deux motifs
-elles sont arrondies
-l’OFPRA comptabilise certaines demandes formulées par des mineur·e·s avec les adultes, dès lors qu’elles sont déposées à titre personnel et donnent lieu à une décision propre (isolé·e·s et jeunes filles risquant l’excision par exemple).
Les données citées dans cet article concernent les demandes adultes sauf exception. 

Combien de demandes d’asile ont-elles été enregistrées en France?

Au premier trimestre 2019, selon Eurostat, un peu plus de 30 000 demandes ont été introduites à l’OFPRA. Parmi elles, 22 465 sont des premières demandes formulées par des adultes; 1 985 réexamens et 5 605 des demandes formulées par des mineurs.  Cela représente une hausse de 6.7% par rapport à la même période de 2018.

Cette donnée ne comprend pas les Dubliné·e·s. Pour en estimer le nombre,  il faut se reporter aux données fournies par l’OFII   qui avoisinent 36 000 demandes adultes (soit une hausse de 38% par rapport à 2018). On aurait donc près de  13 500 demandes de Dublinés.

L’année 2019 commence par un coup de semonce,  L’Albanie et la Géorgie, avec autour de 2 600 demandes (mineurs et réexamens compris), sont les deux premières nationalités de demandes d’asile alors qu’elles sont inscrites sur la liste des pays considérés comme sûrs par l’OFPRA. L’Afghanistan arrive troisième (1 900 demandes), la Guinée, la Côte d’Ivoire et le Mali suivent (avec respectivement 1 805, 1 375 et 1 265 demandes).

 

Décisions :une baisse assez nette du taux d’accord

Avec près de 30 000 décisions (dont 22 500 décisions pour des adultes), l’OFPRA est au même rythme que les trimestres précédents. L’évolution majeure est une baisse nette du taux d’accord puisqu’il passe de 23% en 2018 à 21.4% pour ce trimestre. La principale explication est l’importance des décisions concernant les pays d’origine sûrs avec des taux d’accord de plus en plus faible (Albanie, 5%; Géorgie,4%) mais aussi le taux modeste pour la Guinée (9.4%) ou la Côte d’Ivoire (10.8%). A l’inverse l’Afghanistan ou le Soudan connaissent des taux d’accords importants (61%).  Pour la première fois depuis 2011, le taux d’accord pour la Syrie baisse sensiblement  à 61.5% avec une majorité de protection subsidiaire.

Augmentation sensible des dossiers en instance

Le nombre de dossiers en instance a fortement augmenté puisqu’à la fin mars 58 935 demandes (dont 47 220 adultes) étaient en cours d’instruction soit près de 21 000 de plus qu’en mars 2018 (mineurs compris)  . Le plus important contingent est l’Afghanistan (5 270 demandes adultes) devant la Guinée (3 880) , La Géorgie( 2 675) , le Bangladesh (2 370 ) et l’Albanie (2 280). Le délai moyen prévisible (nombre de dossiers en instance/ nombre de décisions prises) est de 6.3 mois soit deux de plus qu’en 2018.

La France est le premier pays d’accueil en Europe

Si on ajoute les Dubliné·e·s, la France fait jeu égal avec l’Allemagne pour le nombre de demandes d’asile, avec environ 48 000 demandes chacun. La France enregistre déjà plus de premières demandes adultes qu’outre-Rhin (sans compter les Dubliné·e·s) et ce sont les réexamens et les mineurs qui sont plus importants en Allemagne.

L’Espagne enregistre  26 500 demandes  (quasi le triple de l’an dernier) devant la Grèce (16 500)  le Royaume-uni (11 325) et l’Italie (10 570, moitié moins qu’en 2018).

En ce qui concerne les décisions , 272 000 décisions de première instance ont été prises et le taux d’accord global  est de 26.1% dont 14% de réfugiés, 9.5% de PS et 2.5% de statuts humanitaires(qui ont presque disparu en Italie). La Syrie est la première nationalité avec 16 740 dont plus de la moitié de PS devant l’Afghanistan (7 510) puis l’Iran (4 825), la Turquie (4 675) et l’Érythrée (3 835).

 

Le nombre de dossiers en instance est de 851 000 dont 43% pour la seule Allemagne. Le délai moyen prévisible est de 17 mois avec des fortes disparités : 3.6 mois en Hongrie et 98 mois en Espagne (qui a gelé de nombreux dossiers vénézuéliens). La France avec 6 mois de délai fait bonne figure.

Auteur: Responsable national Asile

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