Utilisation des cookiesEn poursuivant votre navigation sans modifier vos paramètres de cookies, vous acceptez l'utilisation des cookies pour disposer de services et d'offres adaptés à vos centres d'intérêts. En savoir plus et gérer ces paramètres.

Ile-de-France Champagne Ardennes

» retour

Un demandeur d’asile face à la politique d’expulsion

14 février 2018

Un témoignage d’une bénévole de La Cimade sur le quotidien de la permanence éloignement

« Eloignement », comprendre, expulsion. Voilà et ça ne s’arrange pas.

S. a 26 ans et vient du Bangladesh. Il a fui son pays il y a un peu plus d’un an. Pour tout papier, après un périple au travers de l’Inde et du Pakistan jusqu’à la frontière française, il ne lui reste que son acte de naissance. Un téléphone et plus un sou. A Nice, il paie le passeur et prend un billet de train pour Paris. Oui, il veut demander l’asile en France : « mes amis bengalis m’ont dit de venir parce que la France aide beaucoup de gens et qu’ils m’aideront. C’est pourquoi je vous demande de m’aider maintenant. Je n’ai ni argent ni boulot ni amis. Je n’ai pas de famille. S’il vous plaît, envisagez de m’aider. La France est un pays d’assistance, alors aidez-moi avec bonté. », ce sont ses mots.

Le 10 décembre il arrive en France et le 12 prend le train pour Paris. Gare de Lyon, il est arrêté, sans papiers, direction commissariat et à 19h, allez, dehors avec OQTF direction retour au Bangladesh d’ici un mois.

Lors de son audition, avec un interprète, il a clairement dit qu’il voulait déposer une demande d’asile. Il n’a pas de papiers alors on ne va pas tout de même l’écouter en plus !

Le 19 décembre, il est venu à la Cimade et nous avons fait un recours contre cet OQTF qui rend difficile l’accès à la demande d’asile. En effet, s’il se présente quand même au guichet unique, il risque d’être placé en procédure accélérée et de ne pas bénéficier de toutes les garanties procédurales. Et en attendant le rendez-vous en préfecture, d’être contrôlé et placé en rétention sans que sa demande ait pu être étudiée correctement par l’OFPRA.

A Paris il n’a pas de domiciliation, il ne comprend pas un mot de français, parle très mal anglais, ne connaît personne et a dormi dans la rue au moins 3 semaines. Il ne sait pas où aller, personne ne parle bengali… Maintenant grâce aux idées des uns et des autres à la Cimade, il a une domiciliation de fortune, ne dort plus dehors et se nourrit grâce au réseau bengali-pakistanais de Paris. En attendant le jugement du TA de Paris, le 27 mars

… à suivre

France, Terre d’accueil, on disait !!

À découvrir aussi
À partager
Petit guide – Lutter contre les préjugés sur les migrants
Avec cette troisième édition, la collection fête ses 10 ans. Un titre historique et plébiscité par les publics associatifs et scolaires à partager et échanger sans modération.
Acheter militant
Faites passer le message avec ce t-shirt « Il n’y a pas d’étrangers sur cette terre » !
Retrouvez tous nos produits militants, faites plaisir à vos proches tout en contribuant au financement de nos actions sur le terrain.