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Le 12 octobre, le collectif “Le Français pour toutes et tous” se mobilise contre les discriminations produites par les nouvelles exigences linguistiques imposées aux personnes étrangères pour accéder à un titre de séjour durable ou à la nationalité française.
Alors que du 5 au 10 octobre, le ministère de l’Intérieur organise sa semaine de l’intégration des étrangers primo-arrivants, cette journée de mobilisation sera l’occasion de soutenir qu’une autre vision de l’accueil est possible !
Le mot d’ordre de cette mobilisation : Non aux discriminations par la langue !
Le collectif ne conteste ni l’importance du français, ni la nécessité de pouvoir l’apprendre et le pratiquer pour participer pleinement à la société. Il conteste une politique qui fait de la certification linguistique une condition d’accès à des droits essentiels comme le droit au séjour, les droits sociaux ainsi que les droits civiques afférents.
En effet, depuis le 1er janvier 2026, nous sommes face à une politique qui instrumentalise la langue française pour restreindre le droit au séjour. Alors que d’une main, l’État durcit les exigences linguistiques pour accorder le droit de vivre en France, de l’autre, il dégrade les conditions pour atteindre les niveaux de français demandés. Ces niveaux font glisser la France dans les pays les plus exigeants, à cet égard, de l’Union Européenne. Est demandé en français : le niveau A2 pour la carte de séjour pluriannuelle, B1 pour la carte de résident, B2 pour la naturalisation. Or ces exigences ne s’appliquent pas de manière égale car ne tiennent pas compte des situations réelles des personnes. L’Etat, en érigeant la langue comme une barrière, devient discriminant et ceci à plusieurs titres.
Sans prise en compte de la diversité des parcours, ces exigences en langue française deviennent des outils de discrimination.
Ces exigences sont imposées de la même façon à des personnes dans des situations très différentes.
Le même niveau de langue à l’oral et à l’écrit doit être atteint par une personne ayant eu un parcours universitaire que par une personne n’ayant jamais appris à lire et à écrire dans sa langue première. A ce titre, les femmes, plus éloignées de la scolarisation et de la formation, se trouvent souvent plus impactées.
Les épreuves sont identiques même pour des personnes présentant des troubles de l’apprentissage (dyslexie, dysorthographie… que l’on sait déjà difficile à détecter pour des adultes français) ou marquées par les conséquences psychiques de l’exil.
Le résultat attendu doit être identique pour chacune et chacun, alors que l’on sait que le temps nécessaire pour s’approprier une langue varie selon la distance linguistique qu’elle entretient avec les langues déjà acquises, l’âge ou les parcours de vie.
Le coût des examens linguistiques constitue un obstacle supplémentaire pour des personnes souvent confrontées à la précarité : une certification A2 coûte entre 100 et 150 euros, auxquels s’ajoutent les frais du test civique (entre 70 à 100 €) et ceux des démarches de séjour (taxes et timbres fiscaux).
Enfin, ces exigences liées au séjour ne sont pas demandées aux personnes, bien qu’allophones, issues de l’Union européenne.
Nous rappelons que traiter des personnes de façon différente alors qu’ils se trouvent dans des situations comparables est discriminant et donc illégal.
Une épreuve administrative plutôt qu’un apprentissage
Pour nous associations et organisations mobilisées le 12 octobre, la maîtrise du ou des français ne peut pas être une condition de l’accueil, elle doit être reconnue au contraire comme la conséquence de celle-ci. Apprendre et maîtriser une langue est un processus qui se construit dans le temps, dans les relations sociales, professionnelles, administratives et de voisinage.
Ces discriminations linguistiques ne font qu’alimenter une idéologie du rejet et précariser encore plus les personnes étrangères.
Le 12 octobre, une autre conception de l’accueil est possible
Nous appelons
● au respect des différences et à l’égalité des droits plutôt qu’au tri par la langue ;
● une politique qui donne à chacune et chacun les moyens d’apprendre, plutôt que de sanctionner celles et ceux qui ne peuvent pas atteindre une norme standardisée ;
● une politique qui se donne de réels moyens pour accueillir dignement les personnes étrangères, reconnaissant les parcours et les différences, plutôt que de les transformer en handicaps administratifs.
Informations pratiques
Programme de la table ronde et argumentaire sur le site du collectif.
Auteur: Service communication
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