TROIS RV POUR DIRE NON À L’INSTRUMENTALISATION DE LA LANGUE FRANÇAISE À DES FINS RÉPRESSIVES
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Alors que la proposition de loi contre les violences sexuelles et sexistes sera examinée aujourd’hui à l’Assemblée nationale, La Cimade salue l’introduction de mesures spécifiques pour les personnes étrangères. Mais l’association alerte : en restant enfermé dans une logique répressive et le parcours d’obstacles administratif, ce texte laisse à l’écart la majorité des personnes victimes de violences et étrangères.
Adoptées en commission spéciale, plusieurs dispositions constituent des victoires essentielles pour briser l’emprise administrative, par exemple, l’interdiction de délivrer une Obligation de quitter le territoire français (OQTF) à une victime plaignante pendant la procédure et l’octroi d’un titre de séjour de deux ans autorisant à travailler.
Alors que des amendements de suppression sont en préparation et que le gouvernement oppose encore ses réticences, La Cimade appelle les parlementaires à la plus grande responsabilité. Rayer ces articles de la loi, c’est replacer directement les victimes sous la coupe de leurs agresseurs et c’est dénaturer l’ambition d’une loi intégrale
Selon Louise Lacombled, responsable des questions de genre et protections à La Cimade, l’action publique ne peut pas se résumer au seul champ pénal ni intervenir uniquement après les violences. « On ne protège pas en exigeant une plainte ou des preuves sous peine d’expulsion. La plainte ne peut pas être le ticket d’entrée vers la protection ! Demander de l’aide ne doit plus signifier risquer le sans-abrisme, la perte de ses papiers ou la rétention. Il faut inverser la logique : protéger, héberger et régulariser d’abord ; la justice viendra ensuite si la victime le choisit », déclare Louise Lacombled.
Sans titre autonome, pas de protection réelle
Le droit au séjour n’est pas un sujet administratif secondaire, il s’agit du premier outil de prévention contre les agressions et la condition indispensable pour sortir d’une situation violente. Sans papiers autonomes ni droit de travailler, quitter un conjoint ou un employeur violent est impossible.
Chaque année, La Cimade rencontre plus de 110 000 personnes étrangères, dont plusieurs milliers dans sa permanence spécialisée dédiée aux victimes de violences créée il y a 22 ans. L’expérience de terrain est sans appel : le système actuel force les victimes à un choix impossible. Quand on demande aux victimes des preuves impossibles à fournir, qu’on les renvoie vers des démarches en ligne ou qu’on les menace d’une OQTF, on les empêche de se protéger et on les enferme dans la violence.
Près de 70 % des femmes reçues dans les permanences spécialisées de La Cimade perdent leur titre lorsqu’elles quittent un conjoint violent parce que leur séjour dépend du couple. Pour Céline Roche, chargée de projet à La Cimade, personne ne doit jamais avoir à choisir entre se protéger des violences et perdre ses papiers, son toit, son travail ou ses enfants.
« On rencontre beaucoup de femmes qui retournent auprès de l’auteur parce qu’elles n’ont nulle part où aller, ni papiers autonomes, ni logement, ni ressources. C’est ce qui est arrivé à Hadjira en 2023 : sans titre de séjour, son mari s’y opposant, elle avait demandé de l’aide aux bonnes portes : dépôts de plaintes pour violences psychologiques mais aucune convocation du mari, demande d’ordonnance de protection scandaleusement refusée. Désespérée, elle était retournée chez son mari pour revoir son fils retenu. Il l’a tuée trois semaines plus tard », déplore Céline Roche.
Inscrire des droits dans la loi ne suffit pas sans moyens budgétaires et administratifs réels
Sur le terrain, l’accès effectif aux droits se heurte à plusieurs obstacles majeurs :
Ces revendications s’inscrivent dans une analyse plus large de la loi et de ses conséquences en matière de protection des personnes victimes de violences. Pour consulter l’ensemble des analyses et propositions, retrouvez la note complète de La Cimade ici .
Contact presse
Valentina Pacheco – La Cimade
valentina.pacheco@lacimade.org
06 42 15 77 14
Auteur: Service communication
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