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La rétention administrative mise en accusation

2 juin 2019

La rétention administrative et l’expulsion des étrangers dénoncées au Théâtre de l’Oeuvre. Scènes glaçantes d’une justice d’exception pour étrangers. Les personnes enfermées au Centre de Rétention Administrative passent devant le Juge des Libertés et de la Rétention qui statue sur la légalité de leur enfermement en vue d’une expulsion. Les dialogues mis en voix ont été recueillis sur le vif par la Cimade et publiés dans le Tourniquet.

La justice au Centre de Rétention Administrative : le grand malentendu

La justice qui s’exerce quotidiennement dans l’annexe du Tribunal de Grande Instance accolée au Centre de Rétention Administrative (CRA) du Canet, est en elle-même un théâtre. Une équipe de bénévole de la Cimade en témoigne régulièrement par écrit dans la chronique du Tourniquet. Faire savoir plus largement, braquer les projecteurs sur ces privations de liberté était le but de cette soirée du vendredi 31 mai au Théâtre de l’Oeuvre, à Marseille.

D’abord, faire découvrir les lieux : la vidéo d’Aliénor Dubois a accompagné le public vers ce tribunal « sous l’autoroute », et l’entrée de cette prison qui ne dit pas son nom.

Ensuite, entendre le « grand malentendu » des audiences : échanges entre le juge, l’avocat, les personnes étrangères qui comparaissent, souvent avec un interprète et le représentant de la Préfecture qui les a placées en rétention pour séjour illégal en France.  Anaïs Enon et Christophe Grégoire, comédiens, ont mis en voix ces scènes qui frisent l’absurde. Les acronymes (CRA, JLD, IRTF, OQTF…) masquent mal la violence de cette justice d’exception centrée sur la procédure, et sourde aux drames humains qui se jouent.

Le retenu, l’avocat, la juge et la représentante de la Préfecture.

Ecoutez une ou plusieurs audiences  avec les voix d’Anaïs et Christophe, enregistrées en partenariat avec Radio Grenouille dans la série sonore « la Salle du grand malentendu »

 

 

Table ronde devant un public indigné

La Cimade Marseille a ensuite animé le décryptage avec trois intervenants experts et la discussion avec le public :

Nicolas Moysan, de la Ligue des Droits de l’Homme a notamment permis d’éclairer le mécanisme de cette justice administrative :  » On criminalise les étrangers, ensuite on les enferme pour qu’ils deviennent invisibles… »

Une avocate représentant le Syndicat des Avocats de France a témoigné de la difficulté de la défense : quelques minutes la plupart du temps pour étudier les dossiers, et seulement 11% de libérations décidées par le JLD… la moyenne en France métropolitaine étant de 27,4% ! (rapport 2018 de la Cimade sur les CRA)

Enfin, Marie Lindemann, bénévole à la Cimade a évoqué son expérience auprès des retenus dans un CRA où elle a été salariée :  » Les délais de recours sont si courts qu’on peut rarement les mettre en oeuvre… l’isolement détruit peu à peu la santé des personnes… »

Comment agir ?

– S’informer bien sûr, en suivant l’actualité de la Cimade : Publications (La machine infernale de l’asile européen) , réseaux sociaux  (la page FaceBook la Cimade Marseille )

– Suivre la chronique « Le Tourniquet », où l’on retrouve les récits d’audience issus de la veille citoyenne de la Cimade de Marseille

– Parler de la rétention et de la machine à expulser autour de vous

– Adhérer et participer aux actions de la Cimade : observation des audiences du JLD, actions de sensibilisation du grand public, accueil des étrangers dans le cadre des permanences…

– Rendre visite à des personnes placées en CRA.

Auteur: Région Sud-Est

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