Utilisation des cookiesEn poursuivant votre navigation sans modifier vos paramètres de cookies, vous acceptez l'utilisation des cookies pour disposer de services et d'offres adaptés à vos centres d'intérêts. En savoir plus et gérer ces paramètres.

« Toutes les actus
S'informer

» retour

À bord de la flottille de la paix – des nouvelles d’Alain Bosc

29 juin 2011

Alain Bosc, membre de La Cimade, est embarqué sur l’un des bateaux français pour Gaza. Suivez ici, par ses témoignages, le voyage de la deuxième flottille de la paix pour Gaza.

un_bateau_pour_gaza2 juillet – Les masques sont tombés

Il faudra s’y habituer désormais, le blocus de Gaza commence à l’intérieur même des eaux territoriales de la Grèce et donc de l’Europe. Le ministre grec de la Défense du Citoyen Christos Papoutsis a en effet « décidé d’interdire le départ des bateaux sous drapeau hellénique ou étranger, depuis les ports grecs, ayant comme destination la bande sous blocus maritime de Gaza ». C’est ce qui s’appelle aller au devant des désirs exprimés par M. Netanyahou, qui n’a pas manqué de remercier, bon prince, dans le journal Haaretz (édition en hébreu uniquement) : « le premier ministre remercie les leaders mondiaux qui ont travaillé contre la « provocation de la flottille », tels que les dirigeants des États-Unis et de l’Europe, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki Moon et le premier ministre grec Papandréou« . Si le gouvernement grec se montre si ferme, c’est qu’il sait pouvoir s’appuyer sur l’attitude unanime des chefs d’États et d’organisations mentionnés. Ainsi, concernant le blocus de Gaza et la politique de colonisation anachronique de la Palestine, les ordres viennent directement de Tel Aviv et tout le monde s’aligne.

Peu importe si l’on bafoue le droit à la libre circulation de 300 militants internationaux et de 10 bateaux bien inoffensifs, peu importe que cette entreprise soit le message de solidarité d’innombrables citoyens d’Amérique, d’Europe ou d’Asie, la « sécurité » d’Israël et les intérêts réciproques valent bien toutes les entorses au droit international et toutes les surdités aux messages de fraternité des peuples.

Hier, le bateau américain «Audacity of hope», qui affirmait transporter 3000 lettres de soutien pour la population de l’enclave palestinienne de Gaza a tenté une sortir du port du Pirée. Il a été intercepté au bout de 2 à 3 miles par les vedettes de la marine grecque et un commando de « ninjas » armés jusqu’aux dents.

La plupart des autres bateaux continuent à avoir des difficultés d’approvisionnement ou de papiers. Il est cependant probable que le reste de la Flottille ne renoncera pas à prendre la mer et tentera elle-aussi une sortie dans les heures ou les jours qui viennent. Même si personne ne se fait d’illusion sur les chances de réussite, il s’agit de montrer que la détermination des délégations reste entière et que tôt ou tard, le blocus de Gaza sera levé.

Alain Bosc

30 juin 2011

Alors que les échauffourées ont cessé sur la place Sindagma et que les vapeurs des bombes lacrymogènes s’estompent peu à peu dans le centre d’Athènes, je reprends le fil d’un petit récit commencé en début de semaine. Lundi 27 juin au soir, première nuit passée à bord du « Louise Michel », superbe bateau de croisière de 24 mètres, non pour tester le confort des cabines, mais bien pour assurer à plusieurs une surveillance renforcée par quarts de deux heures. Nous avons en effet appris quelques heures auparavant le sabotage des arbres d’hélice du bateau gréco-suédois et la crainte est bien que « l’entité hostile » ne s’en prenne aux autres navires. Pour l’instant, la réparation du bateau gréco-suédois va prendre 2 à 4 jours et coûter 15 à 20 000 €.

Obstacles Ce contretemps s’ajoute aux multiples obstacles dressés sur notre route. Outre les tracasseries administratives concernant trois autres navires, nous avons appris mercredi 29 juin que le bateau irlandais avait subi une avarie d’origine inconnue. Dans ces conditions, nous ne pouvons envisager le départ de la flottille avant la fin de cette semaine. Manifestement tout aura été tenté pour essayer de retarder, voire d’empêcher le départ des bateaux. Après les pressions intenses exercées sur le gouvernement turc, qui a interdit aux navires turcs de rejoindre la flottille, puis celles, insistantes, exercées sur les gouvernements occidentaux et l’ONU, avec pour résultat une désapprobation générale de l’opération, y compris par Alain Juppé, on voit mal le gouvernement grec résister à de telles sollicitations dans le contexte délicat qu’il connaît actuellement. Jeudi 30 juin, les choses se sont encore un peu plus corsées. Le navire américain a reçu carrément l’interdiction de quitter le port, les Espagnols ont aussi des soucis administratifs et ce matin même, l’approvisionnement en fioul du bateau français a été empêché par la police, surgie comme par hasard à ce moment-là, pour d’obscures raisons administratives.  Maintenant c’est bien clair : tout est mis en œuvre pour empêcher le départ de la flottille. Les yeux se tournent vers les autorités grecques, qui ne semblent pas avoir résisté aux pressions du gouvernement israélien ou même de celui des États-Unis.

Les initiatives se multiplient  A se demander si le blocus de Gaza ne commence pas aux frontières de l’Europe ! Il en faut plus pour décourager les différentes délégations présentes à Athènes et les initiatives se multiplient. Elles vont être visibles dans les heures et les jours à venir, y compris dans nos pays respectifs, pour que le message soit bien clair : « Nous partirons de toute façon ». À bien y réfléchir, quand on fait le compte de toutes les manifestations d’opposition à cette flottille, depuis les désapprobations plus ou moins véhémentes de tous les États européens et américains et des organisations internationales comme l’ONU et l’Union Européenne, ajoutées aux tracasseries ici même en Grèce, on finit par se demander à qui cette flottille fait-elle peur ?  Alors même que son objectif est exactement celui proclamé officiellement par les mêmes États et organisations, à savoir que le blocus de Gaza doit cesser et qu’Israël doit respecter le droit international. Cherchez l’erreur.

Alain Bosc

Article publié dans La Croix daté du 30 juin

27 juin 

« Gaza, we are coming ! »:  tel a été le message des organisateurs de la Flottille de la liberté II lors d’une conférence de presse à Athènes. Une flottille qui est déjà en route, a annoncé Vangelis Pissias, l’un des animateurs de la coalition internationale, puisque le bateau français  » Dignité – Al Karama »  a pris la mer depuis la Corse et sera bientôt rejoint dans les eaux internationales par neuf autres navires, dont deux cargos emportant trois cent tonnes de matériel humanitaire.

Les obstacles n’ont pas manqué et aujourd’hui encore, à la suite de pressions exercées sur le gouvernement grec, des tracasseries administratives visent à retarder le départ de certains navires. « Mais nous partirons, a répété le Suédois né en Israël Dror Feiler, rien ne nous arrêtera et notre message de paix et de liberté triomphera !  » Déclaration enflammée follement acclamée par la bonne centaine de délégués présents, représentant une vingtaine de pays et tous prêts à s’embarquer. Parmi eux, huit députés espagnols, français, norvégiens et suédois, deux députés européens et la sénatrice française Alima Boumedienne-Thiery. »La flottille est déjà efficace, a souligné Dror, puisque Israël a annoncé l’autorisation d’entrée à Gaza de matériel de construction pour 1 200 maisons et 18 écoles. Nous ne voulons pas seulement obtenir un accroissement de l’aide humanitaire, nous voulons la liberté pour les Palestiniens de Gaza et des territoires occupés » .  Alain Bosc

À découvrir aussi
À partager
Petit guide – Lutter contre les préjugés sur les migrants
Avec cette troisième édition, la collection fête ses 10 ans. Un titre historique et plébiscité par les publics associatifs et scolaires à partager et échanger sans modération.
Acheter militant
Faites passer le message avec ce t-shirt « Il n’y a pas d’étrangers sur cette terre » !
Retrouvez tous nos produits militants, faites plaisir à vos proches tout en contribuant au financement de nos actions sur le terrain.