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À la frontière tuniso-libyenne, des milliers de migrants attendent un avenir…

13 avril 2011

Fin mars, des membres de La Cimade et de l’association marocaine Gadem (groupe antiraciste de défense et d’accompagnement des étrangers et migrants) se sont rendus à la frontière tunisio-libyenne pour évaluer la situation des personnes déplacées de Libye vers la Tunisie et mesurer l’impact des pressions exercées par l’Italie et l’Union européenne sur une Tunisie en pleine transition démocratique.

camp_la_chouchaUne mission d’observation à la frontière tuniso-libyenne Fin mars, des membres de La Cimade et de l’association marocaine Gadem (groupe antiraciste de défense et d’accompagnement des étrangers et migrants) se sont rendus à la frontière tunisio-libyenne pour évaluer  la situation des personnes déplacées de Libye vers la Tunisie et mesurer l’impact des pressions exercées par l’Italie et l’Union européenne sur une Tunisie en pleine transition démocratique. La mission avait également pour but de relayer les aspirations de la société civile tunisienne, notamment en ce qui concerne sa relation avec les pays européens.

Dans les camps, une situation précaire qui ne peut pas perdurer La mission s’est rendue à Tunis, Ben Guerdane et Ras Jedir à la frontière Tunisie-Libye. Alors que l’économie liée aux échanges avec la Libye est quasiment paralysée, et que la situation politique reste précaire, les Tunisiens ont organisé de manière exemplaire l’accueil de plus de 200 000 migrants fuyant la Libye. Cependant aujourd’hui, si la plupart d’entre eux ont pu être évacués vers leur pays d’origine grâce aux efforts de l’OIM appuyé par les États européens, des milliers de personnes restent coincées dans les camps à la frontière. Près de 8000 migrants de 33 nationalités différentes attendent ainsi de quitter le camp de la Choucha, dont un tiers n’a pas de possibilité de retour dans son pays d’origine comme les personnes provenant du Darfour, de l’Érythrée, de Somalie ou de Côte d’Ivoire. Dans ce camp, qui a vocation à être un camp de transit et où les migrants se regroupent par nationalité, la situation est très précaire, parfois chaotique. Des tensions surgissent.

L’Union européenne doit mettre en place une politique d’accueil Une solution évidente peut pourtant être proposée pour assurer le besoin de protection de ces personnes. Les regards se tournent vers l’Union européenne, qui devrait se montrer solidaire et accueillir ces quelques milliers de réfugiés sans pays où rentrer.

Au lieu de cela, l’Union européenne ne s’accorde que sur une chose : le refus d’accueillir décemment les quelques 22 000 ressortissants tunisiens arrivés sur l’île de Lampedusa. Le gouvernement italien a d’abord menacé la Tunisie de retour forcé, avant de leur délivrer des titres de séjour temporaires. La question du retour forcé des migrants pose de graves conséquences en termes politiques et économiques pour la nouvelle démocratie qui refuse de continuer à jouer le rôle de gendarme de l’Union européenne. Malgré l’échec avéré de sa politique d’immigration construite sur une approche sécuritaire et répressive, l’Union européenne cherche à obtenir de la Tunisie démocratique les mêmes engagements que ceux qui prévalaient du temps de la dictature. On sait le coût de cette politique en termes de vies humaines, car en fermant l’accès légal au territoire européen l’UE pousse les migrants à prendre des voies de passage clandestines toujours plus dangereuses.

Suite aux révolutions tunisiennes et égyptiennes, La Cimade appelle à miser sur l’avenir, à définir une autre politique d’immigration qui ne soit pas répressive ni militarisée, et à faire de la Méditerranée un espace de libre circulation, d’échanges et de développement.

Télécharger le dossier de presse sur la mission

Photos : Camp de La Choucha, mars 2011, Geneviève Jacques/La Cimade

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