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Insomnie administrative

6 novembre 2014

L’information, sans son ni visages. Une belle métaphore de la préfecture de Bobigny que ces écrans plasmas, muets, retransmettant BFM TV à longueur de journée. Au sein du « bâtiment des étrangers ».

L’information, sans son ni visages. Une belle métaphore de la préfecture de Bobigny que ces écrans plasmas, muets, retransmettant BFM TV à longueur de journée. Au sein du « bâtiment des étrangers ».

En ce frais matin d’octobre 2014, tandis que les speakers de l’info et les agents au micro s’époumonent de concert, d’autres finissent leur nuit d’attente sur des cartons aménagés, installés à la va vite aux portes de l’administration de la République. Arrivé.e.s à minuit, deux heures, cinq heures, pour obtenir un de ces rares et précieux tickets qui leur permettront peut-être d’être, eux aussi, appelés en stéréo.

Les demandeurs d’asile à 8h30, les primo-demandeurs de titres de séjour à 13h30. Hiérarchie temporelle, hiérarchie formelle. En attendant, les traits se tirent, les enfants blêmissent et les couches se superposent.

Mais que se passe-t-il à Bobigny en cette rentrée 2014 ? Albertine, douze ans en France, se présente pour la dixième fois en six mois. Devenue experte en matière d’organisation préfectorale, elle nous certifie que l’attente ne fait que s’empirer. Selon la préfecture, donc, mieux vaut faire venir dix fois une personne, qu’une fois dix personnes.

La veille. Une femme, trente et unième sur la liste d’attente. Arrivée : 5h du matin. Un enfant de deux mois dans les bras. Pitrerie administrative, seuls trente tickets seront distribués. Accès refusé.

Engorgement artificiel ou sous-effectifs justifiant la diminution du nombre de tickets « d’accueil » au guichet ? Qu’elles qu’en soient les causes, en attendant l’hiver, des personnes dorment, encore aujourd’hui, devant la préfecture de Bobigny.

Marion Dupourqué, La Cimade Île-de-France

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