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Calais, cinq ans après la rafle de 2009, l’histoire se répète : enfermer les réfugiés pour les disperser au lieu de les protéger

3 juillet 2014

La rafle orchestrée mercredi matin à l’aube par les forces de l’ordre à Calais avec l’usage de gaz lacrymogène a conduit à des interpellations massives. À l’issue de la procédure, plus de 200 réfugiés ont été transférés et enfermés dans des centres de rétention.

La rafle orchestrée mercredi matin à l’aube par les forces de l’ordre à Calais avec l’usage de gaz lacrymogène a conduit à des interpellations massives. À l’issue de la procédure, plus de 200 réfugiés ont été transférés et enfermés dans des centres de rétention.

Ils sont tous originaires de pays en guerre : Soudan, Afghanistan ou Érythrée. Ces personnes ont traversé les mers et les frontières au péril de leur vie pour venir en Europe. Ils sont en errance autour de Calais dans l’espoir de rejoindre le Royaume-Uni.

Comme en 2009, la réponse des autorités françaises est, sous un gouvernement aujourd’hui socialiste, l’intervention policière et l’enfermement en centre de rétention administrative (CRA). Le 23 septembre 2009, 138 avaient été enfermés dans 9 CRA. Ce 3 juillet 2014, ils sont à notre connaissance au moins 204 dans 7 CRA. 62 au CRA du Mesnil-Amelot (dont 6 femmes), 19 à Rennes, 17 à Plaisir, 20 à Palaiseau, 30 à Rouen, 37 à Lille et 19 à Metz.

Le CRA de Coquelles, situé à seulement 6 kilomètres de Calais, n’a pas été utilisé pour cette opération policière de grande envergure. Elle a mobilisé 16 cars et des fonctionnaires venus en renfort, notamment depuis le CRA de Rennes. Pendant la procédure de « retenue pour vérification du droit au séjour » (garde à vue réservée aux personnes étrangères depuis décembre 2012), entourés de policiers armés, les Érythréens enfermés au CRA du Mesnil-Amelot se sont curieusement tous désistés de leurs droits (consultation médicale, assistance d’un avocat). Parmi les personnes enfermées à Rennes, certaines sont mineures ce qui est strictement illégal.

La France ne peut pas expulser des demandeurs d’asile dans des pays en guerre. Certains ont par ailleurs une carte de séjour valide en Italie. Ces éléments montrent bien que les centres de rétention et la menace d’une expulsion sont utilisés par le gouvernement à seule fin de disperser un campement sans régler aucunement la situation qui perdure à Calais depuis des années.

Cet objectif et cette opération sont indignes de la France, dont le gouvernement devrait s’attacher à accueillir ces réfugiés, à leur offrir sécurité et protection et à dégager des solutions au niveau européen.

La Cimade demande la libération immédiate de toutes les personnes enfermées. Des solutions de relogement doivent être proposées et ceux qui le souhaitent doivent pouvoir demander l’asile politique en France, dans le cadre d’une procédure sereine et en liberté.

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