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Derrière les chiffres, l’échec

11 janvier 2012

Record d’expulsions, record de refus de titre de séjour, record de refus de naturalisations, le ministre de l’Intérieur a présenté hier les chiffres de l’immigration 2011 comme autant de trophées. Au-delà des effets d’annonce que souhaitait provoquer le ministre en cette période électorale, ces chiffres illustrent encore une fois les dérives d’une politique guidée uniquement par l’obsession statistique.

Record d’expulsions, record de refus de titre de séjour, record de refus de naturalisations, le ministre de l’Intérieur a présenté hier les chiffres de l’immigration 2011 comme autant de trophées. Au-delà des effets d’annonce que souhaitait provoquer le ministre en cette période électorale, ces chiffres illustrent encore une fois les dérives d’une politique guidée uniquement par l’obsession statistique.

Dans leur premier rapport conjoint publié en décembre dernier, les cinq associations présentes en rétention ont rappelé non seulement les souffrances et les multiples atteintes au droit que subissent les personnes étrangères en France au nom de la course aux expulsions mais aussi l’absurdité de cette politique. Rappelons que 30 % environ des expulsions correspondent à des retours « volontaires forcés » de citoyens européens, roumains ou bulgares qui ont tout à fait le droit de revenir en France les jours suivants. De même, près d’un autre tiers des expulsions correspond à des réadmissions vers d’autres pays européens de personnes interpellées aux frontières terrestres de la France.

La baisse annoncée du nombre de titre de séjour délivrés et du nombre de naturalisations poursuit cette même logique comptable en préfigurant une politique illégale et arbitraire de quotas d’immigrants. Réduire le nombre de titre de séjour, c’est seulement condamner à la précarité et à la clandestinité des milliers d’hommes, de femmes et de familles qui vivent et travaillent en France sans aucun effet sur une prétendue pression migratoire dont serait victime la France.

Les chiffres du ministère de l’Intérieur n’illustrent en fait que l’échec d’une politique menée à coup de slogans et d’effets d’annonces. Incapable de répondre aux objectifs de « maîtrise des flux migratoires » qu’elle s’est donnée, cette politique provoque par contre des dégâts humains, économiques et politiques considérables, alimentant la xénophobie et le racisme tout en rabaissant les droits et les libertés fondamentales.

La Cimade dresse ce constat d’échec dans un état des lieux des politiques migratoires à paraître le 24 janvier prochain. Un état des lieux qui permettra de comprendre la véritable signification des chiffres claironnés par les pouvoirs publics et appelant à inventer une politique d’hospitalité en France et en Europe.

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