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Menace sur les droits des étrangers en rétention : le ministère de l’Immigration persiste et signe

15 mai 2009

L’ACAT-France, l’ADDE, Amnesty International-France, l’Anafé, Elena-France, le GISTI, La Cimade, la LDH, RESF, le Syndicat des avocats de France, le Syndicat de la magistrature et le Secours catholique sont indignés par un tel mépris de la justice. Elles rappellent qu’il ne s’agit pas ici de défendre le «monopole» d’une association, mais que l’enjeu est bien plus grave : la défense d’une certaine conception des droits des étrangers placés en rétention.

Le ministère de l’Immigration a engagé depuis août 2008 une réforme profonde de l’action associative d’aide aux étrangers dans les centres de rétention administrative (CRA), en l’ouvrant au marché par voie d’appel d’offres. Une large majorité des ONG de défense des droits des étrangers et des droits de l’Homme ont fait connaître leur vive opposition au nouveau dispositif qui réduit fortement le rôle de la société civile auprès des étrangers retenus et la possibilité, pour ces derniers, d’exercer pleinement leurs droits.

Après l’annulation d’un premier appel d’offres par le tribunal administratif de Paris, La Cimade, le Syndicat des avocats de France (SAF) et l’Association Avocats pour la défense des droits des étrangers (ADDE) ont contesté le nouvel appel d’offres lancé par le ministère et dont les résultats ont été rendus publics le 10 avril 2009.

Le 20 avril, la juge des référés a suspendu la signature des contrats jusqu’au 7 mai. Deux audiences se sont tenues les 4 et 6 mai et, sollicitée par certains des candidats retenus, la magistrate a fixé une nouvelle audience pour le 13 mai, en demandant expressément aux représentants du ministère de l’Immigration de ne pas signer les contrats en litige avant sa décision.

Le dimanche 10 mai au soir, par un communiqué de presse, le ministre de l’Immigration  a pourtant annoncé qu’il avait signé l’ensemble des contrats. C’est donc en toute connaissance de cause que Eric Besson a choisi de ne pas attendre la décision de la justice qui risquait de contrarier ses projets.

L’ACAT-France, l’ADDE, Amnesty International-France, l’Anafé, Elena-France, le GISTI, La Cimade, la LDH, RESF, le Syndicat des avocats de France, le Syndicat de la magistrature et le Secours catholique sont indignés par un tel mépris de la justice. Elles rappellent qu’il ne s’agit pas ici de défendre le «monopole» d’une association, mais que l’enjeu est bien plus grave : la défense d’une certaine conception des droits des étrangers placés en rétention.

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