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Premier bilan 2025 de la demande d’asile

9 février 2026

2025 est encore  une année exceptionnelle pour l’asile en France  puisque plus de 151 000 demandes ont été enregistrées et 78 792 personnes ont été protégées. Bilan en cartes

Baisse des demandes enregistrées

Selon les données du ministère de l’intérieur,   116 476   premières demandes et 35 189   nouvelles demandes ont été enregistrées dans les guichets uniques des demandeurs d’asile en France soit 151 655. C’est une baisse de 10% par rapport au pic de 2023  et place la France au 2e rang des Etats membres, derrière l’Allemagne et devant l’Espagne et l’Italie; qui ont enregistré  respectivement plus de 168 375 , 145 940  et  133 345 (mais l’Espagne et l’Italie dépassent la France et l’Allemagne pour les premières demandes).

Parmi elles  environ 67 000 l’ont été selon la procédure normale, 25 642  selon la procédure Dublin et 56 865 selon la procédure accélérée. A la fin de l’année, les primo- demandeurs Dublinés n’étaient plus de 18 371 , ce qui veut dire que 5 803 primo-demandeurs ont pu accéder à la procédure OFPRA dans l’année.

Le ministère comptabilise d’autres demandes non enregistrées dans les GUDA : les personnes arrivées par les programmes de réinstallation et qui se voient délivrer immédiatement  un titre de séjour (2 000), 2 010 demandeurs d’asile en rétention et 4 628 personnes Dublinées dont la demande, enregistrée les années précédentes (en 2023 ou en 2024) ont pu accéder à la procédure OFPRA. Le ministère ne comptabilise pas les 6 954 personnes dans l’attente d’un enregistrement en Guyane qui sont pourtant des demandeurs d’asile.

Concernant les nationalités concernées, et selon Eurostat, l’Afghanistan comme les années précédentes est la première nationalité de demandes avec 14 550 demandes (nouvelles demandes comprises) contre 19 200 en 2023. Haïti  fait jeu égal  avec la RD Congo (13 925 contre 13 455) avec un taux de procédure accélérée de 95%. Le pays caraïbe aurait été la première nationalité si toutes les demandes en attente en Guyane ou en Guadeloupe avaient été enregistrées.  La République démocratique du Congo (10 475),et la Guinée (9 205), complètent le quintette de tête.

Pour les 10 premières nationalités, et pour la première fois, le ministère donnes des indications sur la part des Dublinés, statistique que le ministère a prétendu ne pas être en mesure de produire pendant 6 ans. La nationalité la plus concernée par cette procédure est le Soudan.

Selon l’OFII,  122 476 premières demandes contre 133 685 en 2024 ont été enregistrées par les GUDA, soit une baisse de 8%.

Pour ce qui concerne les procédures appliquées, le nombre de Dublinés a été en baisse avec 25 642 personnes concernées (à peu près l’équivalent des premières demandes accélérées) et les procédures normales constituent désormais une minorité des demandes enregistrées.

Baisse des demandes introduites à l’OFPRA

L ‘OFPRA a donné des indications sur ses statistiques qui sont différentes de celle publiées par le ministère de l’intérieur car il y a un décalage lié aux « requalifications » Dublin :145 210 demandes, contre 153 483 en 2024, dont 111 076  premières demandes ont été introduites auprès de lui.

La répartition régionale des demandes connait quelques évolutions : la part de l’Ile de France n’est plus que de 36% . La Guyane est le deuxième GUDA de France derrière Paris avec plus de 10 825 demandes enregistrées et 9 807 introduites et aurait été le premier si les 7 000 personnes ne devaient pas attendre leur rendez vous.

Un nouveau nombre record de décisions

En 2024, l’OFPRA a pris, selon son décompte, plus de 156 590 décisions, dont près de 65 000 protections, soit un taux d’accord de 40,1 %, qui est le plus élevé depuis 40 ans.

Grace à Eurostat, on peut connaitre la ventilation par nationalités : l’Ukraine dépasse l’Afghanistan (13 100, 89,6% contre 9 500 sans les réinstallations) ,talonné par Haiti avec 9 430 accords (89,9%) principalement de la protection subsidiaire, la Guinée, le Soudan et la Côte d’Ivoire.

La Chine ou plutôt le Tibet a toujours le plus fort taux d’accord pour les pays ayant plus de 50 décisions (92,3 %), la Syrie (79%) et la Palestine (87%) font également partie des nationalités ayant un fort taux d’accord.

A ces protections octroyées dès l’OFPRA, s’ajoutent 15 188 protections issues des annulations par la CNDA. Au total, 78 782 personnes se sont vues octroyer une protection, un chiffre inédit dans l’histoire des organes de détermination et un taux de protection de 52,1% que l’on n’a pas vu depuis 40 ans.

Avec un tel nombre d’accords, l’OFPRA doit assurer la protection juridique de plus de 730 000 personnes et sa division protection chargée d’établir les documents d’état-civil est toujours à la peine même si le délai moyen de délivrance n’est plus que de 275 jours contre 356 en début d’année.elle a produit 79 140 nouveaux actes (environ 62 000 actes de naissance qui est l’étalon pour mesurer son activité)

Un nombre de demandes pendantes stables

153 200 demandeurs et demanderesses d’asile ont une demande pendante : 55 000 l’ont devant l’OFPRA, environ 35 000 devant la Cour nationale du droit d’asile et 63 000 seraient Dubliné e s  ou autres.la RD Congo avec 15 230 demandeurs est la première nationalité devant la Guinée, l’Afghanistan, la Côte d’Ivoire et Haïti (localisés dans les départements d’Amériques)

Des titres de séjour enfin débloqués

Une partie de l’ augmentation du nombre de titres de séjour (384 000 en 2025°  est liée au nombre impressionnant de titres délivrés au titre de l’asile puisque 86 686 titres ont été délivrés en 2025 soit plus de 36 000 de plus qu’en 2024 et plus que le nombre de protection accordées (78 782) . Si l’augmentation du nombre de protections en 2025  joue dans cette hausse subite, c’est surtout l’instruction du ministre aux préfets de ne plus exiger les documents tenant lieu d’acte d’état-civil de l’OFPRA pour commencer la fabrication de la carte et de la délivrer conformément à la réglementation dans un délai de trois mois, qui a visiblement conduit à cette très forte augmentation.  Cela voulait dire qu’au moins 30 000 demandes de BPI et de leur famille  des années précédentes ont enfin eu leur titre de séjour.

Auteur: Responsable national Asile

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