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A l’occasion de la publication par la Direction Générale des Etrangers en France (DGEF) des premières données relatives à l’immigration et à l’asile pour l’année 2025, la Cimade propose une analyse critique de quelques chiffres relatifs au droit au séjour et à l’expulsion des personnes étrangères.
La Cimade décrypte et interroge quelques chiffres 2025 relatifs au droit au séjour et à l’expulsion des personnes étrangères. Découvrez l’intégralité de notre lecture critique détaillée dans la page consacrée à ce sujet.
En 2025, la hausse apparente de 11 % des premières délivrances de titres de séjour en France s’explique surtout par un rattrapage administratif : la fin d’une pratique illégale, qui bloquait les titres délivré au titre de l’asile a libéré des milliers de dossiers en attente. Pour les autres motifs, comme les titres familiaux (+0,1 %) ou économiques (-12,6 %), la tendance reste stable ou en baisse.
Les régularisations exceptionnelles, déjà très limitées (moins de 30 000 par an), reculent encore de 10 %, reflétant les premiers impacts restrictif de la loi Darmanin et de la circulaire Retailleau, qui durcit les critères. Avec 4,5 millions d’étrangers disposant d’un titre de séjour en cours de validité (8,1 % de la population), ces chiffres démentent l’idée d’une « invasion migratoire », mais illustrent une politique migratoire de plus en plus restrictive et déshumanisante.
En 2025, la France a enregistré une hausse de 15,7 % des expulsions (près de 25 000), soit le niveau le plus élevé en dix ans, auxquels s’ajoutent 24 512 éloignements depuis l’Outre-mer, dont 90 % concernent Mayotte — un territoire qui expulse presque autant que l’Hexagone à lui seul.
Cette politique répressive repose sur une escalade de la contrainte : les éloignements forcés ont bondi de 21,1 %, tandis que les départs volontaires aidés ont disparu. Les centres de rétention administrative (CRA) et les méthodes coercitives, dénoncées par la Défenseure des droits pour leurs violences (230 signalements depuis 2021) et atteintes à la dignité, illustrent une logique de dissuasion brutale.
Cette intensification s’explique aussi par une explosion des interpellations (+30,6 %.
Entre machine administrative à expulser et chasse aux personnes migrantes dans l’espace public (hôpitaux, hébergements, dépôts de plainte), cette politique révèle une dérive sécuritaire et une banalisation de la violence institutionnelle.
Derrière ces statistiques se cache un durcissement continu des politiques migratoires, marqué par des réformes successives qui restreignent les régularisations, renforcent le pouvoir discrétionnaire des préfectures, et facilitent les mesures d’éloignement. Ces chiffres reflètent une logique de précarisation des personnes étrangères, alimentant un système qui fabrique des sans-papiers pour mieux les enfermer et les expulser. Face à cette réalité, La Cimade rappelle qu’il est possible et urgent de mettre en place des politiques migratoires plus humaines, inclusives et solidaires.
Soutenons les personnes sans papiers en signant la pétition « Liberté, Égalité Régularisez » !
Auteur: Responsable national Expulsion
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