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Les demandeurs d’asile dans le 101ème département : persona non grata ?

29 octobre 2020

Depuis le jeudi 22 octobre, de nombreux demandeurs d’asile réunis en collectif dénoncent l’éviction récente de centaines d’entre eux et exigent la mise en place des conditions matérielles d’accueil comme le prévoient les dispositions législatives françaises.

« Nous avons des droits » « On nous traite comme des animaux » « La France est-elle le pays des droits de l’Homme ? », autant de phrases et de questions entendues de la part des manifestant·e·s, femmes, enfants, hommes ; et personnes malades, qui protestent depuis plusieurs jours maintenant devant les locaux de Solidarité Mayotte – unique association chargée de l’accompagnement administratif des demandeurs d’asile dans le département.

La mobilisation des demandeurs d’asile protestant contre les conditions de vie qui leur sont réservées et l’état de grande précarité administrative et sociale qui en découle n’est pas nouvelle. En juillet dernier déjà, des manifestations étaient organisées devant la mairie de Mamoudzou et la Préfecture afin d’exiger l’égalité des droits avec la métropole, dont l’accès à des places d’hébergement– largement insuffisantes sur le territoire en l’absence de CADA[i] – ou le droit à la scolarisation pour leurs enfants.

Renforcée par les effets du confinement, la situation de dénuement et d’absence de droits se trouve aujourd’hui encore accentuée par l’action des autorités locales. En cause ? Un arrêté pris par le maire de Mamoudzou le 7 septembre 2020. La vente à la sauvette dans le centre-ville de Mamoudzou, activité de survie qui constituait pour beaucoup de personnes l’unique et maigre source de revenus est désormais interdite sous peine de sanctions. Or comment survivre quand on est à la fois empêchés de travailler légalement[ii] et privés de l’allocation pour demandeur d’asile (ADA) inexistante à Mayotte ?

Conséquence directe de la perte de ces revenus : de nombreux demandeurs d’asile ont été chassés des logements de fortune qu’ils occupaient et mis à la rue du jour au lendemain faute de pouvoir payer leur loyer et alors même que la saison des pluies arrive. En l’absence de solutions de relogements, c’est donc symboliquement que ces familles à la rue, épuisées et équipées pour certaines de simples matelas, dorment désormais à l’entrée de Solidarité Mayotte, dans l’attente d’une solution.

Si 40 places d’hébergement d’urgence pour les familles les plus précaires ont été débloquées le samedi 24 octobre par la Préfecture, la mesure est jugée insuffisante par les premier.e.s concerné·e·s et très en deçà de l’ensemble de leurs revendications. Cette mise à l’abri, temporaire et précaire, ne règle pas l’absence d’hébergement sur le long terme.

La Cimade tient à exprimer sa solidarité active envers les personnes exilées et s’associe aux revendications demandant l’égalité des droits, et plus que jamais, la fin du régime dérogatoire à Mayotte.

 

 

 

 

[i] Centre d’accueil des demandeurs d’asile

[ii] L’autorisation de travailler des demandeurs d’asile après 6 mois de procédure prévue par l’article L 744-11 du CESEDA est dans les faits quasiment impossible à obtenir à Mayotte

Auteur: Région Outre-Mer

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