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Vendredi 9 octobre, lors de l’examen en séance publique de la proposition de loi dite « intégrale » contre les violences sexuelles et sexistes, l’Assemblée nationale a amputé le texte de ses dispositions majeures visant à protéger les personnes étrangères. En cédant aux amendements de suppression portés par l’extrême droite et le bloc central, les député·es ont fait le choix délibéré de trier les victimes selon leur nationalité ou leur statut administratif.
Ce mardi 13 octobre, la loi a été définitivement adoptée par l’Assemblée nationale sans ces principes protecteurs.
La Cimade interpelle le gouvernement et dénonce avec la plus grande fermeté les propos scandaleux tenus dans l’hémicycle — alignés sur la rhétorique du Rassemblement national —, notamment ceux d’Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations.
Avant même son examen en séance publique, la proposition de loi dite « intégrale » restait en deçà des besoins réels pour les personnes étrangères victimes de violences. La Cimade avait déjà alerté sur les angles morts majeurs du texte, notamment :
Pourtant, malgré ces manques, les articles 62, 62 bis, 62 ter et 63 apportaient des avancées indispensables. Il est intolérable que même ces maigres protections aient été balayées de la loi :
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Pour justifier ces suppressions, la majorité et l’extrême droite ont instrumentalisé le débat parlementaire en brandissant l’épouvantail de la « fraude » et du « détournement de procédure ».
La Cimade rétablit la réalité face aux arguments fallacieux avancés :
Pour Fanélie Carrey-Conte, secrétaire générale de La Cimade :
« On ne peut pas prétendre combattre une idéologie tout en la validant et en donnant corps à ses argumentaires. La sécurité face aux violences ne doit dépendre ni de la nationalité, ni du statut administratif. »
Sur le terrain, la réalité est dramatique. Selon l’Observatoire national des violences faites aux femmes (Miprof), seules 6 à 7 % des victimes de violences sexuelles portent plainte. Pour les femmes étrangères, ce taux s’effondre face au cumul des obstacles : barrière de la langue, absence d’interprétariat systématique en commissariat, méconnaissance des droits et peur constante d’une interpellation déloyale ou d’une OQTF lors du dépôt de plainte.
Louise Lacombled, responsable des questions de genre et protections à La Cimade, rappelle l’urgence de changer de logique :
« Si une personne étrangère doit choisir entre dénoncer son agresseur et préserver son droit au séjour, alors notre politique de protection échoue. Protéger les femmes étrangères n’est pas une faveur : c’est une exigence de justice, de dignité humaine et d’efficacité. L’inconditionnalité ne doit pas être un simple principe proclamé à la tribune pour se donner bonne conscience, mais une réalité concrète. »
Près de 70 % des femmes reçues dans les permanences spécialisées de La Cimade risquent de perdre leur titre de séjour lorsqu’elles quittent un conjoint violent. Sans titre autonome, sans droit au travail, sans interprétariat et sans hébergement sécurisé, les victimes se retrouvent piégées, souvent contraintes de retourner auprès de leur agresseur faute d’alternative.
Alors que l’Assemblée nationale vient d’adopter cette loi au mépris de la sécurité des personnes en situation de précarité administrative, nous appelons les pouvoirs publics à faire preuve de responsabilité et de cohérence avec leurs engagements affichés contre les violences faites aux femmes.
Ces revendications s’inscrivent dans une analyse plus large de la loi et de ses conséquences en matière de protection des personnes victimes de violences.
Auteur: Service communication
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