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Monsieur Hussam Abu Safiya, prix du citoyen d’honneur de la ville Lyon

13 décembre 2025

Le 13 décembre 2025, à l’occasion de la journée internationale des défenseurs des droits humains, la ville de Lyon a choisi de remettre le prix à 5 personnes engagées à l’international pour la protection des droits humains. Parmi les lauréat.e.s, Le Docteur Hussam Abu Safiya, pédiatre et directeur de l’hôpital Kamal Adwan au Nord de Gaza. Détenu arbitrairement par les autorités israéliennes depuis près d’un an, La Cimade et Amnesty International ont reçu le prix en son nom.

Arrêté le 27 décembre 2024, parmi d’autres personnels de l’hôpital, ses proches n’ont pas eu de nouvelles de lui, depuis juillet 2025.

Comment parler de l’engagement de Monsieur Hussam Abu Safiya et de la portée de ce prix ? C’est un de ses fils, Elias, qui va le faire à travers quelques mots que nous avons pu récupérer grâce à Amnesty international qui mène une campagne pour la libération de son père et qui a facilité les liens avec La Cimade.

« Assalamu Alaykum. Je m’appelle Elias, je suis le fils du docteur Hussam Abu Safiya. 

En mon nom et au nom de la famille du docteur Hussam, je tiens à exprimer notre sincère gratitude au Maire de Lyon, Monsieur Grégory Doucet, et à ses adjointes et adjoints, pour ce geste généreux et humain et pour avoir décerné à mon père le titre de citoyen d’honneur de la ville de Lyon. 

Cette distinction revêt une profonde signification pour notre famille, et nous pouvons affirmer sincèrement que mon père serait très heureux et fier de la recevoir, car elle honore les valeurs auxquelles il a toujours cru et auxquelles il a consacré sa vie. Dans les conditions les plus difficiles, même après la perte de mon frère Ibrahim, mon père a continué sans hésiter à travailler, soignant les enfants et les blessés à l’hôpital Kamal Adwan.

Cette initiative de la ville de Lyon confirme sans aucun doute que l’humanité n’est pas un reflet de la politique. Il convient plutôt de la mesurer à l’aune de telles prises de position éthiques et de reconnaître le dévouement de celles et ceux qui œuvrent pour la vie, même dans les circonstances les plus difficiles.

Une fois encore, au nom de notre famille, nous sommes très heureux et fiers de recevoir cette distinction honorifique et nous remercions la ville de Lyon pour ce geste humanitaire et admirable. 

Merci de prouver que l’humanité est toujours vivante et qu’elle ne se laissera pas réduire au silence, quoi qu’il arrive.

À vous toutes et tous, nous exprimons notre profonde gratitude et notre respect.

Que la paix soit avec vous.

Elias »

« Résistant » et « professionnel dévoué » sont des mots que nous retrouvons souvent à la lecture du récit de vie de M. Hussam Abu Safiya. Malgré les pressions, les bombardements et le manque de moyen, il est demeuré, avec ses équipes, auprès de ses patientes et patients de l’hôpital Nord de Gaza. Au moment de son arrestation, il n’était plus que deux médecins dans l’hôpital, aujourd’hui déserté. Hussam Abu Safiya, c’est 20h à l’hôpital et 4h chez lui pour embrasser les siens. Un engagement moral sans faille, une source de vie et d’humanité.

« Gentil », « affectueux », c’est par ses mots qu’Albina Abu Safiya, la femme d’Hussam, parle de son mari. Né au sein d’une famille réfugiée, expulsée de la ville de Hamama lors de la «Nakba»[1], il a fait ses études au Kazakhstan. C’est là qu’il rencontre, celle qui deviendra sa femme, Albina. Parents de 6 enfants, 4 fils et 2 filles. L’un d’entre eux, Ibrahim, a été tué par un drone israélien en octobre 2024. Malgré la douleur, Hussam est resté au chevet de ses patientes et patients.

« Nous craignions pour sa santé »

C’est par ses mots qu’un autre de ses enfants, Idriss, interpelle la communauté internationale. Depuis son arrestation, deux visites de son avocate ont été possibles. La dernière a eu lieu en juillet de cette année. Il avait perdu près de 40 kg. Des témoignages font état d’acte de torture de la part de ses geôliers. Emprisonné sans inculpation et sans procès, en vertu de la Loi dite « sur les combattants illégaux », M. Houssam Abu Safiya, connait le sort que beaucoup d’autres Palestinien.ne.s connaissent : une incarcération prolongée arbitraire dans des conditions détériorées.

Libération, respect du droit international et justice

La Cimade a une histoire partagée avec les Israélien·ne·s s aussi bien qu’avec les Palestinien·ne·s. Marquée par son engagement pendant la seconde guerre mondiale auprès des personnes juives internées et menacées de déportation, l’association s’est toujours attachée au respect du droit international et au droit des peuples à l’autodétermination. C’est ancré solidement dans cette Histoire, que notre association se tient au côté des faiseurs de paix, de celles et ceux qui luttent pour leurs droits et qui reconnaissent aux autres leur humanité. La Cimade appelle à la fin du génocide, à la libération immédiate de M. Hussam Abu Safiya et à ce que l’oppression cède la place à la justice et au respect du droit international, pour qu’apparaisse l’horizon d’une paix.

Nous veillerons précieusement à ce prix jusqu’à la libération de M. Hussam Abu Safiya dans l’espoir de pouvoir le lui remettre rapidement.

Pour vous mobiliser pour sa libération, c’est par ici sur le site d’Amnesty International.

[1] La « catastrophe» en arabe, qui désigne le déplacement forcé de 700 000 Palestinien.ne.s à la création de l’Etat d’Israël en 1948

Auteur: Pôle Europe et International

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