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CRA de Guadeloupe : les préfectures cumulent les atteintes aux droits fondamentaux

28 juillet 2021

Pour le premier semestre 2021, La Cimade dresse un bilan inquiétant des pratiques de l’administration et du traitement réservé aux personnes étrangères retenues au CRA des Abymes. Marquées par un particulier acharnement administratif, certaines situations illustrent des violations des droits les plus fondamentaux, au mépris des dispositions légales et procédurales.

CRA de Guadeloupe : les préfectures cumulent les atteintes aux droits fondamentaux

Expulser à n’importe quel prix : le recours à des jets privés

Du fait de la crise sanitaire, les liaisons commerciales entre la Guadeloupe et la Dominique ont été suspendues pendant plusieurs mois. Afin de s’affranchir de cet obstacle, la préfecture a fait appel à un prestataire privé, dispositif d’expulsion exceptionnel et onéreux. Ainsi, entre février et juin, 26 ressortissants dominiquais ont été expulsés à bord de jet privé. Le plus souvent, seule une à deux personnes retenues étaient à bord du jet, ce qui révèle bien la volonté de l’administration d’expulser, peu importe le prix.

Enfermer au mépris de l’intérêt supérieur de l’enfant

Paul vit sur la partie hollandaise de l’île de Saint-Martin avec son fils mineur dont il est le seul représentant légal. De passage sur la partie française de l’île, Paul se fait interpeller par les autorités françaises puis est placé au CRA des Abymes afin d’organiser son expulsion vers Sainte-Lucie. En raison de sa privation de liberté, son fils mineur se retrouve isolé et livré à lui-même. Saisi de cette situation, le juge administratif constate l’atteinte grave portée à l’intérêt supérieur de l’enfant et ordonne à la préfecture de Saint-Martin de suspendre le renvoi de Paul vers Sainte-Lucie afin qu’il puisse rejoindre son fils. Mais la préfecture de Saint-Martin en décide autrement, et monsieur est privé de sa liberté, loin de son fils, pendant 13 jours avant d’être enfin libéré par le juge.

Enfermer au mépris du droit d’asile

Toute personne qui sollicite l’asile en France a le droit d’y séjourner le temps de l’examen de sa demande. Le droit d’asile de Salim, droit fondamental protégé par la Convention internationale de Genève, a été violé par l’administration. Salim, pourtant en possession de son document de séjour en cours de validité, a été placé au CRA des Abymes en vue de son expulsion vers l’Egypte. Neuf jours plus tard, il a été transféré dans un CRA de l’Hexagone, où il est à ce jour toujours retenu en violation du droit d’asile.

Enfermer au mépris du droit à la santé

Début juillet, Georges est testé positif à la COVID-19 pendant sa rétention. Bien que le CRA dispose d’un protocole sanitaire, le dispositif d’isolement n’était que relatif. En effet, la pièce d’isolement n’est séparée du reste de la zone des hommes que d’une porte à barreaux, exposant ainsi toutes les personnes retenues ainsi que les différents intervenants en rétention au virus. Rappelons qu’aucun médecin n’intervient au CRA de Guadeloupe, rendant l’accès aux soins précaire. Malgré son état de santé et le risque de propagation du virus, Georges a été maintenu enfermé 18 jours pour être ensuite expulsé vers La Dominique.

Derrière cette approche « jusqu’au-boutiste », on devine l’intérêt pour l’administration d’afficher la continuité d’une action de lutte contre l’immigration irrégulière, quoi qu’il en coûte. 

Auteur: Service communication

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