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Droit d’asile à Mayotte : le mépris des autorités françaises

21 décembre 2020

Le 16 décembre dernier, la préfecture de Mayotte organisait une vaste opération de contrôles d’identité suivie de l’interpellation de dizaines de demandeurs d’asile devant les locaux de l’association Solidarité Mayotte à Mamoudzou. Deux jours plus tard, même lieu, c’était au tour de la cinquantaine d’exilés contraints de dormir dehors depuis plusieurs mois faute de solutions d’hébergement, de se voir déloger à grand renfort de policiers nationaux, municipaux et gendarmes mobiles et en présence de la sous-préfète à la lutte contre l’immigration clandestine, Nathalie Gimonet.

Le 16 décembre dernier, la préfecture de Mayotte organisait une vaste opération de contrôles d’identité suivie de l’interpellation de dizaines de demandeurs d’asile devant les locaux de l’association Solidarité Mayotte à Mamoudzou. Deux jours plus tard, même lieu, c’était au tour de la cinquantaine d’exilés contraints de dormir dehors depuis plusieurs mois faute de solutions d’hébergement, de se voir déloger à grand renfort de policiers nationaux, municipaux et gendarmes mobiles et en présence de la sous-préfète à la lutte contre l’immigration clandestine, Nathalie Gimonet.

Retours sur le déroulement de ces deux opérations, qui témoignent, une nouvelle fois, de l’ampleur de la violence et du mépris réservés aux demandeurs d’asile, définitivement « personna non grata » du 101ème département.

« Ils étaient au moins une quarantaine à nous encercler » déclare J, ressortissant congolais sollicitant l’asile. Les agents du GAO (groupe d’appui aux opérations de la PAF) se sont déployés en masse ce mercredi 16 décembre afin de procéder, en toute déloyalité, au contrôle et à l’interpellation de demandeurs d’asile devant l’entrée de la seule structure associative de l’île en charge de leur accompagnement administratif et social.

Pire, vingt-deux personnes, primo-arrivantes pour certaines d’entre elles et en attente de l’enregistrement de leur demande d’asile par la préfecture de Mayotte depuis plusieurs mois, ont été conduites dans les heures qui ont suivis au centre de rétention de Pamandzi, en exécution d’une obligation de quitter le territoire français sans délai prise par le Préfet en dehors de tout cadre légal et au mépris du droit de solliciter l’asile.

Parmi elle, Madame C., ressortissante congolaise arrivée sur le département en novembre dernier pour solliciter l’asile et qui attendait en compagnie de ses deux enfants d’être reçue par l’association au moment où les agents de la PAF sont arrivés. Dans la précipitation de l’opération, elle est interpellée avec un seul de ses enfants. Placée au CRA avec ce dernier quelques heures plus tard, son deuxième enfant sera laissé seul devant l’association jusqu’à sa libération du centre de rétention le lendemain.

Madame I., demandeuse d’asile burundaise, subira le même sort. Arrivée sur le territoire le 11 décembre dernier et placée en rétention le jour même alors qu’elle avait aussitôt manifesté sa volonté de demander l’asile, elle sera, à ce titre, libérée le 12 décembre. Mais quatre jours plus tard, toujours dans l’attente de l’enregistrement de sa demande d’asile, elle sera de nouveau transférée au centre de rétention en compagnie de son fils, alors que son intention de demander l’asile était connue des services de la préfecture.

Divers témoignages recueillis rapportent que la sous-préfète s’est rendue dans les locaux de l’association la veille, laissant à penser que cette opération était anticipée.  Si un doute subsistait encore, la politique menée à l’encontre des demandeurs d’asile sur le 101ème département est désormais claire : ils sont bels et bien « sans droits », sauf celui de se voir interpellés et réduits au silence.

Pour couronner cette action parfaitement scandaleuse, la Préfecture décidera de déloger vendredi 18 décembre, la cinquantaine de demandeurs d’asile contraints d’élire domicile devant le siège de l’association Solidarité Mayotte faute de solutions d’hébergement disponibles sur le territoire. Mobilisés depuis plusieurs mois pour faire valoir leurs droits, la Cimade avait déjà rappelé que la situation de dénuement économique et social dans laquelle se retrouve placée la majorité demandeurs d’asile avait été exacerbée par l’arrêté anti-vente à la sauvette pris par le maire de Mamoudzou qui avait eu pour conséquence de priver un certain nombre d’entre eux des seules ressources qui leur permettaient de payer un loyer. A la rue, c’est en se mobilisant symboliquement devant l’association Solidarité Mayotte qu’ils espéraient être entendus et que des solutions d’hébergement d’urgence leur seraient proposées.

A l’issue de cette opération de délogement, seulement vingt et une places d’hébergement d’urgences seront débloquées pour les cinquante d’entre eux, laissant sur le carreau une trentaine de personnes, dont la famille de Monsieur J, incluant sa femme, Madame A., enceinte de sept mois et leurs deux enfants en bas-âge alors que les pluies de saison s’abattent sur l’île.

La Cimade dénonce fermement les opérations de contrôles d’identité et d’interpellations déloyales menées aux abords des associations – et autres lieux accueillant un public vulnérable.  Elle demande plus que jamais l’application du cadre légal en matière d’asile dans le respect des conventions internationales ratifiées par la France et que des solutions d’hébergement dignes et pérennes soient mises en œuvre pour l’ensemble des personnes en situation de vulnérabilité sur le département.

Voir à ce sujet le Communiqué de presse publié par le GISTI :  » Contrôles abusifs et conditions d’accueil indignes : le droit d’asile une nouvelle fois piétiné à Mayotte »

 

Auteur: Région Outre-Mer

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