Sud-Ouest

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Gravement traumatisées, une jeune fille et sa mère risquent un « renvoi Dublin »

24 septembre 2018

La préfecture des Pyrénées-Orientales a le devoir d’appliquer la clause humanitaire pour Tanya et sa mère, actuellement enfermées au CRA de Cornebarrieu.

Crédit photo : Rafael Flichman

A sa majorité, la communauté tsigane de Biélorussie a décidé de marier de force Tanya* à un homme âgé de 60 ans, contre de l’argent.

Tanya a refusé. Sa mère l’a aidé à se cacher.

L’homme à qui elle était promise et sa famille ont pris ce refus pour une grave offense. Après quelques mois, deux hommes de main sont venus de la part du mari éconduit et ont tenté de kidnapper Tanya : « tu refuses d’être une épouse, tu seras une putain » lui ont-ils assuré.

Ils l’ont poignardée à la cuisse.

Tanya a voulu aller se réfugier chez son grand-père en Lituanie, mais ses agresseurs l’ont retrouvée.

Avec sa mère elle s’est enfuie en Allemagne puis en France pour demander la protection de la France. La préfecture des Pyrénées-Orientales au lieu de prendre en considération leur vulnérabilité extrême, décide de placer Tanya et sa mère au centre de rétention de Cornebarrieu pour renvoyer la fille en Lituanie et la mère en Allemagne.

Depuis le 11 septembre, elles se trouvent toutes deux enfermées, pour être renvoyées dans deux pays différents. Le 12 septembre elles ont refusé d’embarquer. Elles sont en état de choc et refusent d’être séparées. Tanya craint à juste titre pour sa vie en Lituanie où elle redoute d’être livrée à un réseau de traite des êtres humains. Son état est très dégradé, elle est extrêmement anxieuse, dort et mange peu, pleure sans cesse. Un médecin au CRA a attesté de son stress psychique important qui nécessite un traitement. L’OFII, chargé de d’évaluer les vulnérabilités au CRA, a également estimé que Tanya était extrêmement vulnérable. La préfecture des Pyrénées-Orientales n’a cependant pas réagi et a maintenu l’enfermement et les transferts Dublin des deux femmes.

Elle demande à rester avec sa mère et à repartir avec elle en Allemagne ou à pouvoir rester en France pour que sa demande d’asile soit étudiée.

  • La Cimade dénonce une fois de plus les pratiques de la préfecture des Pyrénées-Orientales et l’enfermement de Tanya et de sa mère, Kristina, sans prise en compte de leur extrême vulnérabilité.
  • La Cimade demande la libération de Tanya et de Kristina et leur admission au séjour au titre de l’asile en application de la clause discrétionnaire comme le permet l’article 17 du règlement Dublin, ainsi que l’annulation des mesures d’éloignement dont elles sont l’objet.

 

Actualisation le 25/09/2018 : Ce matin, une tentative d’expulsion de la mère, Kristina, s’est déroulée avec violence. Menottée et attachée, elle a été mise seule dans une voiture de police en direction du tarmac. Quand le scotch a été retiré de sa bouche, elle a pu crier qu’elle souhaitait être avec sa fille. La police l’a ramenée au centre de rétention.

 

* Les prénoms ont été modifiés

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