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«Le CRA de Bordeaux, c’était mauvais, très mauvais. Je n’oublierai jamais»

25 janvier 2019

Victime de la procédure Dublin, Reza ne peut pas faire de demande d’asile en France. La France veut le renvoyer en Allemagne. La demande d’asile qu’il y a formulé ayant été rejetée, le renvoyer en Allemagne est le premier pas vers son expulsion en Afghanistan. Après 45 jours d’enfermement, il nous livre son témoignage

#MaParoleEstLibre
Témoignage de Réza, demandeur d’asile afghan enfermé 45 jours au centre de rétention administrative (CRA) de Bordeaux.

« Le CRA de Bordeaux, c’était mauvais, très mauvais. Je n’oublierai jamais.

45 jours, c’est très long.

Je n’ai quasiment pas eu de contact avec l’extérieur ; seulement deux visites. Je me suis senti seul.

Je suis venu en Europe pour vivre. Mon pays est en guerre depuis dix ans. Les gens sont tués, les enfants sont tués. Je n’aurai jamais imaginé pouvoir être enfermé en arrivant ici.

Les gens n’étaient pas méchants.

Je pouvais aller voir le médecin. On me donnait des médicaments quand je n’allais pas bien.

Mais j’étais très stressé. J’avais sans cesse peur qu’on vienne me chercher pour m’expulser. C’était vraiment beaucoup de stress.

Je me disais que la police pouvait venir me chercher à tout moment. Je m’enfermais dans la chambre et quand je fermais la porte, j’imaginais que les policiers allaient venir.

Je ne savais pas quoi faire.

J’ai eu beaucoup de douleurs à l’estomac et j’ai dû prendre des médicaments.

Le pire, c’est de ne pas savoir si on va être expulsé. Cela m’empêchait de dormir. Je me sentais mal.

Ces conditions de vie ne sont pas bonnes.

Aujourd’hui, j’ai encore peur d’aller dehors ; je n’ai pas de papiers et je sais que je peux encore me faire arrêter. J’ai toujours beaucoup de stress.

La situation est horrible.

Je n’ai pas de récépissé donc je ne peux pas sortir. Si je vais dans la rue, ils pourraient m’attraper donc je ne vais plus trop dehors. J’ai peur de voir la police.

Je suis libre, je suis quand même très heureux pour cela.

Je veux en finir avec ma procédure Dublin. »

 

#MaParoleEstLibre
La Cimade publie les témoignages des personnes qu’elle accompagne, en particulier dans les centres de rétention. Une parole libre d’une personne enfermée. Une parole qui permet de saisir les conséquences des politiques à l’égard des personnes en migration. Des textes, des extraits sonores ou des vidéos recueillis par les intervenant·e·s de La Cimade.

> Retrouver tous les témoignages #MaParoleEstLibre

Auteur: Service communication

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