Normandie

» retour

Ces mots arabes que nous utilisons sans le savoir

22 mars 2019

Dans le cadre du festival « Migrant’ Scène 2018 », l’antenne rouennaise de la CIMADE a organisé un concours d’écriture destiné aux élèves du secondaire de l’Académie de Rouen. Estimant que la langue française peut être un observatoire de choix pour penser l’accueil, ou le rejet de l’autre, les organisateurs […]

Dans le cadre du festival « Migrant’ Scène 2018 », l’antenne rouennaise de la CIMADE a organisé un concours d’écriture destiné aux élèves du secondaire de l’Académie de Rouen. Estimant que la langue française peut être un observatoire de choix pour penser l’accueil, ou le rejet de l’autre, les organisateurs ont demandé aux collégiens et lycéens la rédaction d’un texte faisant référence aux nombreux mots arabes – quelque cinq cents – présents dans les dictionnaires français. Ce qui fait de l’arabe la troisième source d’emprunts de la langue française devancée par l’anglais et l’italien.

Près de 500 mots

« Nous avons voulu proposer un concours orienté vers tous les élèves du secondaire et tourné sur le nombre considérable de mots arabes dans notre langue parce que ces mots :  près de 500 ! oui, 500 mots, plus que de mots gaulois ! Ces mots sont comme ces hommes qui dorment dans nos rues, nous ne les voyons pas, incapables que nous sommes de les reconnaître », explique Emmanuèle Grandadam, qui piloté ce projet. Si on le savait pour sarouel, babouche et hammam et qu’on s’en doutait pour charabia, toubib et azimut, on le découvre pour épinard, aubergine, abricot, magasin, jupe, coton, gilet, camaïeu… et bien d’autres. On ne sait pas toujours que des mots aussi essentiels pour penser que le hasard, le zéro, l’algèbre viennent également de langue l’arabe. Et même notre petit-déjeuner est fait de mots arabes comme orange, café et sucre.

L’objectif du concours était de rendre à la langue arabe ce qui lui appartient et de montrer comment une langue, tout comme un peuple, se constitue avec les apports du monde extérieur. Les élèves avaient pour consigne d’écrire un texte avec le plus de mots arabes possible. Le but était de proposer l’écriture d’un récit mais certaines classes ont souhaité écrire des poèmes. « Nous avons accueilli avec joie cette proposition. Nous pensions surtout aux collèges, mais des enseignants de lycée ont souhaité participer. Là encore, nous avons été ravis de rencontrer un tel enthousiasme. De surcroît, ce concours permettait de rendre à nos élèves arabes cette fierté de savoir combien leur langue est riche et créative », ajoute Emmanuèle Grandadam.

Des prix – des bons d’achat et des livres – ont été remis aux jeunes lauréats, dont les textes originaux sont à télécharger ci-dessous. La qualité des textes reçus et la créativité des participants nous ont conduit à publier ces écrits. Des productions littéraires qui témoignent également d’une belle ouverture esprit et d’une réjouissante envie de partage.

 

» Télécharger le document

Auteur: Région Normandie

Partager sur Facebook Partager sur Twitter
À découvrir aussi
À partager
Petit guide – Lutter contre les préjugés sur les migrants
Avec cette troisième édition, la collection fête ses 10 ans. Un titre historique et plébiscité par les publics associatifs et scolaires à partager et échanger sans modération.
Acheter militant
Faites passer le message avec ce t-shirt « Il n’y a pas d’étrangers sur cette terre » !
Retrouvez tous nos produits militants, faites plaisir à vos proches tout en contribuant au financement de nos actions sur le terrain.