Sud-Est

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Six parlementaires visitent le centre de rétention du Canet

26 mai 2026

La Cimade a invité les parlementaires et élus locaux à assister à l’audience du JLD avant une visite du centre de rétention administrative du Canet. Guy Benarroche, Manuel Bompard, Marie-Arlette Carlotti, Henrick Davi? Laurent Lhardit, et Marc Pena, accompagnés de leurs collaborateurs et de la presse, ont pu, les 21 et 22 mai, constater le scandale que représente l’enfermement administratif des étrangers.

L’équipe « JLD » de la Cimade à Marseille assiste régulièrement aux audiences du tribunal qui jouxte le CRA, et diffuse une chronique judiciaire « le Tourniquet » pour témoigner de la justice réservée aux étrangers. En cette fin de mai 2026, à l’occasion de la parution du Rapport annuel sur les locaux et centres de rétention, en relation avec la Cimade Sud-Est, l’équipe a invité les parlementaires opposés à la politique actuelle concernant l’immigration à assister aux audiences et, dans la foulée, à visiter le centre de rétention. Six d’entre eux ont répondu présent. La presse, convoquée, a voulu les accompagner.

Des élus à l’audience du juge des libertés et de la détention

Le juge des libertés et de la détention examine la légalité du maintien en rétention de chaque personne, prolongation demandée par la Préfecture au bout de 4 jours, 30 jours et 70 jours. Ce contrôle de l’autorité judiciaire sur l’Administration est un rempart indispensable dans un état de droit.

L’audience est ouverte au public. Ces 21 et 22 juin, la salle était comble ! En plus des parlementaires et de leurs assistants, la Mairie de Marseille était présente en la personne de M. Mahmoud, (adjoint en charge de la sécurité, de la médiation sociale Marseille de la prévention des conduites à risques et de la délinquance). Le responsable de l’équipe de Forum Réfugiés (l’association à l’intérieur du CRA), M. Julien Condom, les media (La Provence, ICI (FR3), Marsactu, Libération, Charlie Hebdo, l’Agence France Presse), les bénévoles de la Cimade et leur délégué national en région Sud-Est, Olivier Forges : un public exceptionnellement nombreux pour ce tribunal éloigné des regards.

L’avocat de la Préfecture justifie les raisons de la rétention; le retenu et son avocat revendiquent la remise en liberté ou l’assignation à résidence. Le juge prend sa décision suivant son interprétation du CESEDA  (Code d’entrée et de séjour des étrangers et demandeurs d’asile). Cette décision peut faire l’objet d’un appel, soit par le retenu, soit par la Préfecture.

 

Les parlementaires ont pu également découvrir la forme dégradée de l’audience de la Cour d’Appel : car elle se déroule en visio-conférence, dans un bâtiment préfabriqué situé à trois mètres du tribunal : le retenu face à un téléviseur où apparaissent juges, avocats et interprète … un  summum de justice dégradée. Les élus, témoins, ont manifesté leur indignation à la sortie de ce simulacre.

 

Trois visites parlementaires au CRA en deux jours

Les députés et sénateurs disposent d’un droit de visite dans les lieux de privation de liberté, qui s’applique aux centres de rétentions administrative. Des menaces sur ce droit ont pesé récemment (censure du Conseil Constitutionnel, début 2025) mais une nouvelle loi a été votée (et promulguée le … 9 mai 2026 !).

Il s’agit d’un contrôle parlementaire sur les conditions de vie et le respect de la dignité des personnes enfermées.

Ces visites inopinées peuvent permettre de dévoiler les abus et de contraindre le Centre et sa tutelle à des aménagements.

 

Les journalistes sur le point d’être empêchés d’entrer

La visite parlementaire sur un lieu d’enfermement ne prend tout son sens que si elle est médiatisée de façon à ce que les citoyens puissent être correctement informés.

A trois reprises, les journalistes accompagnant les élus et leurs collaborateurs se sont vus refuser l’entrée, la cheffe du Centre alléguant le risque de trouble à l’ordre et de diffusion d’images détournées (ce qui est arrivé lors d’une visite d’Eric Ciotti et du reportage illégal du journal Frontières en 2025 en région parisienne).

Les élus ont dû appeler le cabinet du Préfet, qui lui-même a contacté le cabinet du Ministre de l’Intérieur.  Finalement les journalistes ont pu entrer, mais sans autorisation de prise de vues.

La presse nationale et locale a tout de même pu rendre compte au public des conditions désastreuses de la rétention au Centre du Canet : lire notamment  le reportage dans  Marsactu, la Provence du 22 mai, voir le reportage de ICI en replay, Nice Matin du 23 mai (via l’AFP),  en attendant les dessins de Charlie Hebdo le mercredi 28 mai.

 

La Cimade aux côtés des étrangers

Pour les bénévoles de l’équipe JLD de la Cimade qui sont à l’initiative de cet évènement, c’est une réussite. Leur travail d’observation du tribunal judiciaire dédié à la rétention des étrangers, est diffusé chaque mois sous forme d’une chronique judiciaire mensuelle, le Tourniquet. L’objectif de l’équipe est de faire savoir auprès du plus grand nombre : avec ces deux jours, mission accomplie !  Le but final, la fermeture des CRA, est lui, en revanche encore bien loin d’être atteint. La cause a besoin de nombreux militants … Devenir militant à la Cimade Marseille – La Cimade

Auteur: Région Sud-Est

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