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Dispositif d’accueil des demandeurs d’asile : le dessous des cartes.

1 août 2019

L’OFII publie son rapport d’activité 2018 au coeur de l’été. Cartographie des évolutions.

Publié le 30 juillet 2019, le rapport d’activité de l’OFII fait le bilan de l’activité en matière d’asile. Si le document ne fournit pas l’ensemble des données habituelles, il permet toutefois de cartographier certaines des évolutions du dispositif national d’accueil.

voir les données

Demandes enregistrées en GUDA

L’OFII fournit le nombre d’enregistrements des demandes adultes par procédure et par GUDA (ce que le ministère de l’intérieur ne fait pas).

Sans surprise, l’Ile-de France est la première région avec la moitié des demandes d’asile. Paris, Bobigny et Cergy sont  les trois premiers GUDA devant Lyon.   40% des personnes enregistrées dans la région sont  Dublinées. Le GUDA enregistrant la part la plus importante de Dublinés est celui des Hauts-de-Seine devant Lille et Marseille (où la régionalisation était expérimentée en 2018).  Lyon et Metz sont les GUDA où la part des procédures accélérées est la plus importante.

Si on compare les données régionales avec celles de l’an dernier, on constate une hausse moyenne de 12%. Mais il  y a des tendances contradictoires avec une forte hausse dans les Pays de la Loire (38%), Les Hautes de France et l’Ile de France (35%)   et dans une moindre mesure en PACA et  en Occitanie (13%)  alors que le nombre de demandes est en baisse notamment en  AURA, dans le Grand Est,la  Bourgogne-Franche Compté ou encore la  Normandie où la baisse est de 22% par rapport à 2017.

Dispositif national d’accueil : deux systèmes.

L’OFII se borne cette année  à fournir des données nationales par type d’hébergement. Se distinguent deux modalités : un dispositif comprenant les CADA, les AT-SA, les HUDA ou les PRAHDA qui accueillent de façon pérenne,  les demandeurs et  un autre comprenant  les CAO et les CAES qui sont des centres de transit. Ces deux derniers types de centres ont une rotation importante  (à peine 150 jours  de durée de séjour contre 451 pour les CADA) et les personnes en sortent pour aller dans le dispositif pérenne où la durée moyenne de séjour dépasse l’année sauf pour les PRADHA (près de 10 mois).

Officiellement le nombre d’entrées est de plus de 95 000 . Ce qui est une augmentation de 24 000 par rapport à l’année dernière, mais les personnes hébergées dans les CAO-CAES sont comptées deux fois (dans les entrées CAO CAES puis dans les autres dispositifs).

Pour comparer avec les données des années précédentes, il vaut mieux regarder le nombre d’entrées dans le dispositif pérenne qui  est de 56 399 (soit 42% des demandes).  De même, Le nombre de sorties est de 86 000 mais près de 42 000 sorties dans le seul dispositif pérenne.

Selon les données (reconstituées à partir de pourcentages dont abusent les administrations), au 31 décembre 2018,  environ 64 000 demandeurs d’asile en cours d’instance étaient hébergés dans le dispositif (dont 30 000 en CADA), soit 76% des places occupées,   9 827 réfugiés y séjournaient et 10 460 déboutés dont 8 436 « en présence indue » soit 12% chacun. Cependant, la part  de déboutés est près de  19% dans les HUDA.

ADA : une cartographie des non-hébergés

Pour la première fois dans un rapport d’activité, l’OFII fournit des données réparties par région  sur les bénéficiaires de l’allocation pour demandeurs d’asile . En moyenne, un peu plus de 130 000 personnes en ont bénéficié. Un tiers des bénéficiaires est en Ile-de-France, ce qui est le signe qu’une partie des personnes enregistrées dans la région ont été orientées vers d’autres mais aussi que la région concentre un grand nombre de personnes n’en bénéficiant plus (en raison d’une fuite Dublin)

L’OFII fournit le montant mensuel moyen  pour chaque région. Avec cette donnée, on peut estimer le nombre de personnes qui bénéficient du montant additionnel (7.4€ par jour) parce qu’elles ne sont pas hébergées et par déduction, le nombre de personnes qui le sont.   61 700 personnes seraient bénéficiaires du montant additionnel (soit 67% des allocataires et 48% des bénéficiaires). Là encore existe une importante disparité entre l’Ile de France (66% de non hébergés) et des régions comme le Grand-Est (75% d’hébergés) ou la Bretagne (72%).

L’OFII consacre 31% de ses effectifs à l’asile soit 317 ETP dont une grande partie est constituée d’auditeurs dans les GUDA. Le service juridique de l’OFII est fortement sollicité puisque 3 400 requêtes (contre 1 000 en 2017) ont été traitées.

Auteur: Responsable national Asile

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