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Premier bilan du DNA en 2025

23 février 2026

Des premières données de l’OFII permettent de cartographier l’accueil et l’hébergement des demandeurs d’asile

Si l’OFII publie chaque mois des indicateurs mensuels notamment sur les bénéficiaires de l’ADA est sur le nombre de places dont il dispose et consacre une partie du très tardivement publié rapport d’activité, à l’accueil des demandeurs d’asile, on peut dire qu’il est pingre  de données détaillées sur ce dispositif alors même que chaque mois, il adresse aux services de l’Etat, des matrices indicateurs synthétiques DNA qui sont nettement plus détaillées. Après une demande, une saisine de la Commission d’accès aux documents administratifs,  l’OFII a adressé à la Cimade des données pour  décembre 2025 sur le dispositif national d’accueil qu’il gère. Données 

Capacités d’accueil

Selon l’OFII, le dispositif  (avec les CAES et les CPH) comptait 109 348 places soit  3 000  de moins que fin 2024. Si on restreint au seul dispositif pour demandeur d’asile, la perte est de 4 000 places (les 2 500 places supplémentaires à supprimer en 2025  l’ont été avec le dispositif hôtelier parisien CAFDA qui a été sabordé fin 2024). Un CADA a été supprimé en Haute-Loire, compensé par la transformation de places HUDA ou Prahda en CADA. Même des places de CAES ont été supprimées dans les régions Centre-Val-de-Loire, Nouvelle-Aquitaine ou la Normandie. A l’inverse, l’OFII a intégré les « dispositifs réfugiés » franciliens dans sa base, ce qui ajoute 963 place à ce dispositif

Selon l’OFII,  106 598 places sont occupées contre 109 127 places en 2024 et 777 sont vacantes contre 1 897 fin 2024. Les places indisponibles sont au nombre de 1773 contre 2 729 fin 2024 et 7 462 en juillet 2022.

Entrées

Selon les données provisoires, 56 081 entrées dans le dispositif CADA HUDA PRAHDA ont été enregistrées en 2025 contre  66 238 en 2024, 71 602 en 2023, soit une moyenne de 4 673 entrées par mois. C’est baisse conséquente de 15% qui s’explique par la baisse équivalente des demandes d’asile et sans doute un peu moins de doublons, l’Ile de France est la première région juste devant le Grand-Est et l’ Auvergne-Rhône-Alpes. Cette dernière région bénéficie du mécanisme d’orientation directive: 17 852 personnes ont été orientées contre 19 152 personnes en 2024. Ce serait près de 61% des demandeurs enregistrés en Ile-de-France qui auraient été orientés vers un hébergement au détriment des « demandes locales » des autres régions en particulier la Bretagne. Il y a peut-être matière à revoir le dispositif dès lors qu’il y a des places vacantes dans la région parisienne et que des personnes, d’abord orientées vers une autre région, y reviennent car des places sont disponibles.


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Nationalités

La première nationalité d’entrée n’est plus la Guinée avec 5 021 entrées ou l’Afghanistan (4 509) mais le Congo RDC avec 8 805 entrées soit plus de 50% de plus qu’en 2024.La Côte d’Ivoire et de le Soudan suivent avec autour de 3 100 entrées. En revanche, les Ukrainiens ( 190 entrées) et les Haïtiens (134) sont peu présents dans le DNA car les premiers étaient hébergés dans un dispositif spécifique (qui va être supprimé en mars 2026) et les seconds sont en Amérique, se voient refuser le bénéfice des conditions d’accueil et ne rentrent donc pas dans le maigrelet dispositif d’hébergement comptant 897 places en Guyane-Antilles.

Comme à son habitude, l’OFII n’envoie pas à la Cimade le document indicateurs dans son entier et a cette année changé le mode de calcul des « présences dites indues ».Résultat, il n’est pas possible de dire combien de demandeurs d’asile sont hébergés dans le dispositif CADA HUDA PRAHDA.  Tout au plus, on peut dire combien de personnes sont autorisées à rester dans ce parc : un peu de 78 180 contre 5 841 BPI en présence dite indue (deux fois moins qu’en 2024!) et 3 406 déboutés (deux fois moins également) soit 10,2% des places occupées (contre 20% en 2024).Certains départements comme l’Essonne, les Alpes-Maritimes, la Loire-Atlantique, l’Hérault, le Val-de-Marne ou Paris ont des taux de « présence dite indue » double de la moyenne et des « comités de suivi » sont mis en place avec la demande du préfet de remplir des fichiers non prévus par la réglementation.

Seulement 4 887 sont Dublinés  soit 1/5 des demandeurs enregistrés dans l’année et 1/10 des demandeurs pendants de cette catégorie. Ils sont logés principalement dans des HUDA.

L’OFII  comptabilise 56 026 sorties contre 65 738 en 2024, dont 19 773 ont concerné des BPI, 18 724 des déboutés et 17 529 demandeurs d’asile (dont 10 mille sont des transferts)
Là encore, ce n’est plus le Grand Est mais l’Ile-de-France qui a le plus grand nombre de sorties avec un peu plus de la moitié de BPI puis le Grand Est et l’AURA

Un programme AGIR contingenté qui touche peu sa cible

l’OFII a également envoyé des données sur la répartition des orientations de BPI vers le programme AGIR, qui est contingenté à 25 000 personnes: 16 025 personnes soit à peine plus qu’en 2023 où le programme n’était pas complètement déployé et 21% des BPI adultes des deux années précédentes. Il s’agit pourtant d’un droit

Auteur: Responsable national Asile

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