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L’interdiction de retour sur le territoire français est une mesure de bannissement prononcée par la préfecture contre une personne étrangère. Cette fiche-réflexe propose de comprendre et de savoir réagir face à une IRTF.
L’interdiction de retour sur le territoire français (IRTF), issue de la directive européenne « retour » de 2008, est une mesure de bannissement prononcée par la préfecture contre une personne étrangère en situation administrative irrégulière, soit de manière concomitante à une obligation de quitter le territoire français (OQTF), soit postérieurement à une OQTF (articles L.612-6 à 612-11 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile – CESEDA). La décision vise à empêcher toute nouvelle entrée et séjour sur l’ensemble du territoire des Etats membres de l’Union européenne

La prolongation d’une interdiction de retour sur le territoire français (IRTF) est possible mais facultative, pour 2 ans maximum et concerne :
⇨ En somme, la durée de l’IRTF est de 5 ans maximum à compter de l’exécution de l’OQTF et 10 ans maximum en cas de menace grave pour l’ordre public
⇨ La prolongation d’une interdiction de retour sur le territoire français (IRTF) est possible mais facultative, pour 2 ans maximum et concerne toute personne qui s’est maintenue sur le territoire français malgré une OQTF antérieure ou qui est revenue en France malgré une IRTF dont la durée n’est pas expirée
⇨ Cette prolongation prend la forme d’une décision individuelle notifiée à la personne
⇨ La durée cumulée des IRTF ne peut pas dépasser 5 ans, sauf menace grave pour l’ordre public.
Une mesure spécifique a été créée pour les personnes ayant la nationalité d’un pays membre de l’Union européenne : l’interdiction de circulation sur le territoire français – ICTF (cf. fiche réflexe disponible sur le site de la Cimade)
Plusieurs dizaines de milliers de personnes se trouvent sur le territoire avec une IRTF et subissent les effets d’un bannissement : l’IRTF opérant comme un obstacle à la régularisation, bon nombre de personnes sont exclues de l’ensemble de leurs droits et sont mises au ban de la société.
Les voies et délais de recours doivent être mentionnés dans la décision notifiée à la personne.
Un recours sommaire (voir modèle plus bas) peut être envoyé au tribunal administratif pour respecter le délai.
La personne peut ensuite compléter son dossier jusqu’au moment de l’audience.
La personne a droit à un‧e avocat‧e et un‧e interprète.
Il ne faut pas oublier de demander, en plus de l’annulation de l’IRTF, l’effacement du signalement dans le fichier européen de non admission.
Le tribunal statue sur le recours dans un délai de 6 mois, 15 jours ou 96 heures, dépendant de la procédure applicable
Une demande d’abrogation de l’IRTF peut être introduite à tout moment, mais elle a peu de chances d’aboutir.
Dans le cas précis d’une personne qui bénéficie d’un délai de départ volontaire et quitte le territoire de l’UE pendant ce délai, elle peut demander à la préfecture en France l’abrogation de l’IRTF, de préférence dans les 2 mois qui suivent le retour au pays.
Il faut prouver que la personne a bien quitté l’UE (en envoyant une demande par courrier recommandé avec la copie de la page du passeport où se trouve le tampon que la police aux frontières a apposé au moment de la sortie). Elle peut aussi apporter cette preuve en se présentant personnellement à l’ambassade de France ou à la représentation de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) s’il y en a une dans le pays.
Attention : La préfecture n’est pas obligée d’abroger l’IRTF.
Selon la loi française, la demande d’abrogation d’une IRTF ne peut être étudiée que si la personne est assignée à résidence (l’autre exception prévue par la loi est si la personne purge une peine de prison ferme) (article L.613-7 CESEDA) MAIS ces dispositions sont contraires au droit européen, car la directive européenne « retour » ne pose aucune condition de recevabilité pour l’abrogation d’une interdiction de retour. Il n’est donc ni souhaitable ni nécessaire demander une assignation à résidence.
En tout état de cause, la préfecture a le pouvoir de régulariser une personne à tout moment.
Conseil : Envoyer à la préfecture un courrier recommandé en demandant dans le même temps :
Joindre les pièces justifiant du motif d’admission au séjour que la personne invoque (parent d’un enfant français ou conjoint d’un citoyen d’un Etat Membre de l’UE ayant exercé sa liberté de circulation et d’installation & établi sa résidence permanente en France, etc.).
Si la préfecture ne répond pas à la demande dans les 4 mois : il s’agit d’un refus implicite de délivrance de titre de séjour. Un recours est possible devant le tribunal administratif dans un délai de de 2 mois.
Si la préfecture répond par écrit et qu’il s’agit d’un rejet : elle doit indiquer les voies et délais de recours pour permettre à la personne d’exercer ses droits.
Pour être aidé∙e, vous pouvez vous rapprocher d’une permanence des avocat‧e‧s, d’un point d’accès au droit ou d’une association d’aide aux personnes étrangères (cf. adresses des permanences régionales de La Cimade).
Découvrir les autres fiches-réflexe de La Cimade :
Télécharger la fiche-réflexe IRTF ci-dessous. (Mise à jour décembre 2025)
» Télécharger le documentAuteur: Service communication
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