Bas-Rhin : Nous dénonçons la suppression de places d’hébergement
Communiqué du Collectif contre la précarité à Strasbourg dont La Cimade est membre
Au cours de l’année 2025, les défis auxquels sont confrontés les personnes exilées et leurs soutiens – telle que La Cimade et bien d’autres – furent immenses, en Grand Est, comme ailleurs. D’un point de vue juridique d’abord : avec les effets de la loi Darmanin adoptée en 2024 pour contrôler […]
Au cours de l’année 2025, les défis auxquels sont confrontés les personnes exilées et leurs soutiens – telle que La Cimade et bien d’autres – furent immenses, en Grand Est, comme ailleurs.
D’un point de vue juridique d’abord : avec les effets de la loi Darmanin adoptée en 2024 pour contrôler l’immigration, l’une des plus répressives de ces 40 dernières années. A laquelle s’est ajoutée, en janvier 2025, une circulaire du ministre de l’Intérieur qui a encore restreint les possibilités de régularisation des personnes qui vivent et travaillent en France, parfois depuis de longues années, alors que celles-ci se faisaient déjà au compte-goutte.
Du point de vue des pratiques aussi : avec des interprétations préfectorales restrictives sur les régularisations, des difficultés pour prendre rendez-vous et accéder aux guichets de la préfecture ; des retards de renouvellement de titres de séjour qui engendrent des pertes des droits et de travail…qui plongent de nombreuses personnes dans l’irrégularité et la précarité, sans parler de la détresse mentale que ces situations provoquent. Parvenir à déposer une demande de régularisation ou à faire renouveler son titre de séjour représente plus encore qu’hier de véritables parcours du combattant auxquels nos équipes bénévoles assistent, souvent impuissantes.
A cet arsenal juridique et administratif s’ajoutent la traque et les pratiques de contrôle au faciès qui engendrent humiliations et violences, à l’instar des contrôles déployés à la frontière franco-allemande depuis fin 2024 ou de l’opération nationale de contrôles policiers menés les 18 et 19 juin 2025 dans les gares, trains et bus de l’ensemble du territoire national « pour lutter contre l’immigration irrégulière ».
La panoplie de mesures déployées pour dissuader les migrations conjuguée au développement de discours stigmatisants, contribue à donner des personnes exilées une image inquiétante, associée à un danger susceptible de nuire à nos sociétés, le fameux « risque migratoire » dont il faudrait se protéger. Ce processus de criminalisation, qui s’appuie sur des leviers juridiques, politiques ou médiatiques qui bien souvent s’additionnent, fabrique l’irrégularité, en présentant les personnes comme « illégales », voire comme un envahisseur menaçant pour le bien-être des sociétés et vient finalement favoriser ou légitimer des pratiques répressives et inhumaines.
Lors de notre assemblée régionale le 14 juin 2025, notre co-présidente régionale Isabelle Kauffmann empruntait les mots de Marion Muller-Colard pour inviter les équipes de La Cimade en Grand Est, malgré l’inhumanité à laquelle elles pouvaient faire face au quotidien dans leurs pratiques comme dans l’actualité internationale, à garder confiance : « Dans cette période aussi complexe que celle que nous traversons, faire confiance est un parti pris très fort, essentiel pour notre collectif humain ».
C’est avec cette confiance que les équipes des neufs groupes de La Cimade Grand Est ont été cette année encore au rendez-vous, avec d’autres, aux côtés des personnes exilées :
Auteur: Région Grand Est
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