fbpx

« A l’intérieur, c’est l’enfer » – photographies et témoignages de rétention

Des personnes ayant vécu l’enfermement en rétention s’emparent de leurs propres récits pour dénoncer les affres de la machine à expulser. Le regard d’Alessandro Camillo vient donner vie à ce projet qui est une invitation à regarder et écouter celles et ceux que la politique migratoire cherche à invisibiliser.

« A l’intérieur, c’est l’enfer » – photographies et témoignages de rétention

Tous les ans en France, près de 50 000 personnes sont privées de liberté dans des centres de rétention administratives (CRA) en vue de leur expulsion. Depuis janvier 2019, la durée maximale de l’enfermement en rétention a doublé et les personnes étrangères peuvent désormais y rester 3 mois. La Cimade intervient dans 8 centres de rétention en France afin d’accompagner les personnes enfermées et de les aider dans l’exercice de leurs droits.

A travers une série de photos et de témoignages recueillis entre octobre 2020 et novembre 2021, des ancien·ne·s retenu·e·s du CRA du Mesnil-Amelot (77) s’emparent de leurs propres récits pour rendre visible et dénoncer la réalité opaque de l’enfermement dans ces zones de non-droit

📷 Marwa

📷 Mamoudou

📷 Hichem

📷 Mariette

📷 Alain

📷Abdul

Ce projet a été co-construit entre les intervenant·e·s du CRA du Mesnil-Amelot (77), les bénévoles de La Cimade et les personnes concernées, complété par la vision du photographe Alessandro Camillo. Les différents témoignages mettent en lumière l’impact de cet enfermement sur la vie des personnes, les conditions sanitaires insalubres du centre de rétention, les violences physiques et psychologiques, l’arrachement à leurs proches mais aussi les luttes collectives et les solidarités qui s’organisent pour faire face à l’enfer de la machine à expulser.

Mais au-delà des situations individuelles, ils permettent de lever le voile sur les violations systématiques des droits qui sévissent dans ces lieux cachés du reste de la population, souvent situés en périphéries des villes.

Les participant·e·s à ce projet ont été enfermé·e·s sur une période allant de mars 2019 à septembre 2021. On perçoit alors les effets d’un contexte politique toujours plus répressif, notamment depuis l’apparition de la pandémie de Covid-19 qui a mis en lumière la criminalisation dont font l’objet les personnes retenues, dans une période où les expulsions sont devenues quasiment impossibles et où la rétention ne se résume qu’à une peine d’enfermement et de contrôle décomplexée.

Inaugurée dans le cadre du festival Migrant’scène 2021, cette exposition est visible du 30 novembre au 17 décembre 2021 dans les locaux de la CFDT-Paris au 7-9 Rue Euryale Dehaynin à Paris 19ème.

Le photographe

Diplômé de l’université de Turin (Italie) en Discipline de l’art, de la musique et du spectacle en 2011, Alessandro Camillo travaille en tant que directeur artistique, photographe et vidéaste depuis 2012. En octobre 2019, il s’est installé à Paris.

Ses vidéos et reportages sont destinés aux musées, fondations, galeries d’art, associations et institutions culturelles.

Vous pouvez retrouver ses travaux et contacts sur sa page Instagram et son site internet